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8th février 2009

Société Japonaise de Gestion des Soins de Santé: 9ème conférence de la branche de Tokyo

J’ai participé aujourd’hui à la 9ème conférence du JHM –branche de Tôkyô (Japanese Society for Health Care Management, qui émane de la Faculté de Médecine de la Toho University), dont le thème était: « Construire une structure pour permettre de dispenser des soins de santé sûrs et de bonne qualité ». Tout un programme!

Voici un petit compte rendu des sessions auxquelles j’ai assisté.

9:30-10:00: A1 Introduction, par le professeur Tomonori HASEGAWA (Toho University)

Mots-clés: TA (technology assessment), RCT (randomized clinical trial), EBM (evidence-based medicine), Guidelines (*). Mais il y a un changement de paradigme: les maladies sont plus complexes et l’EBM n’est pas aussi facile a mettre en oeuvre. L’évidence est dynamique (concept de Learning Healthcare System).

Les thèmes clés de cette conférence: gestion d’hôpital (balance scorecards), sécurité, qualité et informatisation.

(*) Il existe au Japon deux bases de données de « guidelines »:

10:00-10:45 T1 « Imaginer l’hôpital d’une société de personnes agées » par le professeur Toshihiko HASEGAWA

Partant de l’histoire des hôpitaux, au Japon et dans le monde, le professeur indique un changement: l’hôpital s’est progressivement étendu, évoluant d’une maison familiale à un complexe d’hôpitaux, et il prédit même que cette évolution va continuer pour couvrir une ville entière (cf. le Global Age-Friendly Cities Project de l’OMS).

12:15-13:00 L1 (Luncheon seminar): « Ce que doit être l’éducation et l’entrainement à la sûreté dans les soins de santé »

Présentation de vidéo d’éducation et de séances d’entrainement de personnel dans les services d’urgence, pour apprendre à acquérir les bons réflexes devant un patient en crise. A propos, savez-vous comment utiliser un AED?

13:00-13:45 K2 « Théorie et pratique des Balanced Scorecards (BSC) » par le professeur Tetsuo TAKEKAWA

Présentation de l’utilisation de Balanced Scorecards (BSC) pour juger et améliorer différents aspects de l’hôpital. L’idée est qu’un « hôpital de haute qualité » n’est pas seulement un hôpital qui dispense des soins très pointus (comme un hôpital universitaire par exemple), mais que le jugement global est en fait une « balance » entre différents axes (qui sont liés). 5 axes sont proposés pour évaluer la qualité globale d’un hôpital: (1) finances, (2) qualité des soins, (3) satisfaction des patients, (4) gestion de l’organisation, (5) resources humaines. L’idée est ensuite de définir des métriques et des « poids relatifs » pour chacun de ces axes, et de calculer les « scores ». Le professeur va même jusqu’à calculer le bonus des employés de l’hôpital sur base de ces scores, afin de leur en signifier l’importance.

14:00-15:00 B81-B86 Utilisation pratique des Systèmes Informatiques

  • B81 « Conception et mise en oeuvre d’un système d’aide à la guidance relative aux médicaments, visant l’utilisation de médicaments en toute sécurité » par le prof. IWASE

    Présentation d’un système informatique assez sophistiqué pour la gestion des médicaments, permettant notamment la définition de limites de doses, et utilisable dans un système de trajet de soin informatisé.

  • B82 « Recherche sur l’utilisation d’un nouveau système de code-barre pour les médicaments afin d’améliorer la sécurité des traitements » par Fujiko HASEGAWA

    Un nouveau système de code barre permettant l’identification plus précise de médicament, ainsi que la vérification de la date de péremption, est présenté. Cependant, il semble que les bénéfices d’un tel système n’ont pu être observés à cause d’un manque d’information du personnel soignant.

  • B83 « Effets de l’introduction d’un dossier patient informatisé sur les problèmes rapportés par le pharmacien concernant les perfusions » par le prof. Hiroshi FUJITA

    Baisse significative des problèmes liés à l’administration d’un médicament à un mauvais patient, ainsi que des problèmes dus à des problèmes de lecture (prescriptions manuscrites vs. informatiques).

    Cependant, augmentation significative des problèmes liés aux allergies, probablement dû à une mauvaise conception du dossier patient informatisé (l’information sur les allergies n’apparaissait pas dans l’écran principal, et trop de « fausses alertes » conduisant le docteur à ignorer les véritables alertes).

  • B84 « Sur l’utilisation inconditionnelle du PDA dans le service d’urgences » par le prof. TOMII

    Le PDA est utilisé dans cet hôpital pour la confirmation des perfusions (par lecture de code-barre). Cette pratique n’est cependant pas bien adoptée dans le service des urgences. Certains problèmes liés à l’utilisation du PDA sont: nombre insuffisant pour le nombre de soignants, démarrage et login lents, batteries plates, pannes, etc. Cependant, hormi ces problèmes, le faible usage des PDA semblait être dû essentiellement à une mauvaise conscientisation et information du personnel soignant.

  • B85 « Utilisation d’un logiciel d’analyse de DPC [données comptables de l’hôpital] pour l’analyse de données et la visualisation du contenu des soins » par Keiko KOYANO

    Le logiciel « Medi-Target » (de Nissei Information Technology Inc.) a été sélectionné entre autres pour les raisons suivantes: flexibilité et configuration possible de l’outil, rapport exportable en Excel.

    Différents types d’analyses ont pu être réalisés, comme: (1) l’analyse du la durée d’hospitalisation pour une pathologie particulière (qui a permis de mettre en évidence et de corriger certains problèmes liés à l’itinéraire clinique de l’hôpital, ou à la prescription de certains médicaments causant souvant des effets secondaires); et (2) l’analyse des traitements comparés entre différents départements de l’hôpital (qui a permis de valider le contenu des soins en fonctions de d’autres facteurs).

  • B86 « Itinéraires cliniques conformes au standard international de systèmes informatiques médicaux » par le prof. Hideshige HASEGAWA

    Exhortation du présentateur à suivre le standard international qui est en train d’être mis en place (ISO-13606) relatif à la communication entre dossiers médicaux électroniques (EHR). Au Japon, les dossiers médicaux électroniques étant très répandus, diverses initiatives se mettent en place pour les faire communiquer (notamment dans le cadre d’itinéraires cliniques de collaboration inter-hospitaux), mais ne suivent aucun standard. Par ailleurs, le standard ISO-13606 est encore très léger et ne permet pas de communiquer un grand nombre de données, ce qui en rend l’adoption difficile.

    Discussion de la différence d’approches entre le Japon et l’Europe: au Japon, beaucoup d’EMR existent, mais ne sont pas standardisés. En Europe, la discussion d’un standard avance alors que peu d’hôpitaux soient correctement équipés. Un élément clé du standard est l’approche par « workflow ».

15:00-16:00 B91-B96 Trajets de Soin (Itinéraires cliniques)

  • B91 « Utilisation d’une checklist et unification de la formation à l’utilisation d’itinéraires cliniques informatisés » par Eriko WATANABE

    Cet hôpital utilise 114 itinéraires cliniques différents dans diverses disciplines (2831 cas en 2008; environ 30% des soins suivent un itinéraire clinique). La maitrise du logiciel d’itinéraires cliniques est très bonne (98% du personnel), mais difficile pour les nouveaux venus. Cette présentation concerne la formation des nouveaux suivant une checklist, ayant permis la maitrise du logiciel par 100% des soignants.

  • B92 « Itinéraires cliniques informatisés: Situation actuelle et problèmes » par Tomoko HIRATA

    Cette présentation concerne la vérification de la complétion des données introduites dans le système d’itinéraires cliniques informatisés. Certains types d’information (telle la variance) sont relativement peu complets dans certains départements de l’hôpital. La modification de certains itinéraires cliniques (en rendant les causes de variance plus facilement compréhensibles et évaluables) a permis d’augmenter la complétion de l’information collectée.

  • B93 « Amélioration des itinéraires cliniques pour la chimiothérapie » par Kumi NAKAMURA

    L’Hôpital de Aizawa utilise les itinéraires cliniques pour la chimiothérapie. Ces itinéraires sont disponibles online (en Japonais), ici. Différents IC sont liés à différentes substances.

    Cette présentation concerne l’amélioration des itinéraires cliniques, par l’analyse des soins prodigués, et par des interviews collectés auprès des patients et du personnel soignant. Les améliorations concernent notamment: amélioration de la détection d’effets secondaires, le remplacement de certaines substances par d’autres plus appropriées, une meilleure guidance pour le patient.

  • B94 « Idées pour la mise en pratique d’itinéraires cliniques avec un dossier médical informatisé » par le prof. Satoshi INOUE

    Conseils pratiques pour l’informatisation d’IC: mettre les IC sur papier avant de les introduire dans le système, unification des causes de variance, impression des différents documents en 1 seul click, automatisation de l’archivage du résultat d’un IC accompli, … <– pas transcendant

  • B95 « Itinéraire clinique pour la supervision de la chimiothérapie pour le cancer du colomb » par le prof. Hiroshi MIYAMOTO

    Etude concernant les incidents liés aux substances FOLFOX4 et FOLFIRI après l’informatisation des itinéraires cliniques.

  • B96 « Adoption d’un itinéraire de coopération inter-hôpitaux pour le cathéter cardiaque » par le prof. Akio OSHIMA

    Présentation d’itinéraires cliniques de coopération inter-hôpitaux, pour assurer le suivi de patient ayant subi une intervention chirurgicale par cathéter cardiaque. Ce type d’IC contient une série de check-ups et d’examens que le patient doit subir dans différents endroits (hôpital, clinique, médecin généraliste). L’IC remis au patient donne une vue complète de ces étapes, et lui permet de garder trace des résultats.

Note: Pour ceux que cela intéresse, les abstracts sont disponibles ici. Ils sont en Japonais, mais la traduction automatique en Anglais via Google translate devrait donner un aperçu valable du contenu.

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10th janvier 2009

Acheter une maison au Japon! #4

Nous l’avons fait, nous avons acheté une maison au Japon!

Quelques semaines se sont d’ailleurs déjà écoulées depuis la signature de l’acte. C’est en fait peu après être passés à côté de ce que nous pensions être la maison de nos rêves, que nous avons trouvé cette magnifique maison:

Notre maison
Notre nouvelle maison

Et maintenant, nous sommes contents d’avoir « loupé » la précédente, car celle-ci est mieux encore. C’est une grande maison (140m2 habitables) sur un beau terrain (240 m2), avec un jardin au Sud. La maison a déjà vingt ans, mais elle est en béton avec armature en acier léger, et a été construite par une compagnie renommée (Sekisui House, 積水ハウス). Construite au moment de la « bulle économique », son premier propriétaire n’a pas lésiné sur les moyens, et tous les matériaux sont choisis avec soin. Bref, génial.

Le quartier aussi est rêvé: dans une ancienne « bunjôchi » (分譲地, c’est-à-dire un quartier résidentiel qui a été divisé en parcelles semblables, relativement spacieuses, à une certaine époque). C’est très calme, avec un bois à proximité. Que demander de mieux?

En y repensant, je me dis que c’est en prenant le temps de voir des maisons et de comparer, que petit à petit, nous avons découvert ce que nous voulions. Une maison, c’est très personnel: ce qui me plait ne te plaira pas forcément. Dans notre cas, nous avons réalisé ce qui était important pour nous: une maison spacieuse, dans un quartier résidentiel (les alentours de la maison sont presque aussi importants que la maison elle-même!) et calme, une construction solide, une maison ayant du caractère, sortant de l’ordinaire. Et aussi, nous avons compris ce qui n’était pas important pour nous: la proximité de la gare (nous sommes à 15min en bus de la gare), la nouveauté (nous ne voulions pas d’une maison neuve), les services (ex: concierge) que l’on peut obtenir dans un grand immeuble, ni même la proximité du centre de Tôkyô (quoi qu’en express, il faut a peine 45 min pour arriver au centre).

Une fois que nous avons trouvé, il a fallu aller très vite: faire une offre, et lancer les demandes de prêt auprès des organismes financiers. Il est relativement difficile pour un étranger d’obtenir un prêt au Japon sans avoir le statut de résident permanent (eijuuken, 永住権) mais cela n’est pas impossible. Les grandes banques demandent les conditions suivantes: travailler (CDI) dans une entreprise de taille moyenne, avoir une somme de départ équivalente à min 20% du montant total de l’achat, et avoir fait la demande de résident permanent (chose amusante: il suffit d’avoir fait la demande et n’est pas nécessaire qu’elle soit acceptée, ce qui est heureux étant donné la longue période nécessaire pour obtenir une réponse).

Ensuite, il fallu moins de deux mois avant que nous soyons dans la maison. Tout cela s’est vraiment bien goupillé, car avec la naissance de ma deuxième fille, nous commencions vraiment à nous sentir à l’étroit dans l’appartement que nous habitions.

La leçon que j’en retire est une leçon de patience et de persévérence.

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19th juillet 2008

Acheter une maison au Japon? #3

Maison japonaise
Maison japonaise

Loupé de peu…

Dimanche passé, nous avons vu une maison qui nous plaisait vraiment: située un peu loin de la gare certes, mais avec un terrain de plus de 70 tsubo (soit 233 m2), le bâtiment faisant (sur deux étages) environ 165 m2. Bref, des proportions gigantesques pour une maison japonaise. Jardin ombragé, garage sous-terrain, grande terrasse, quartier résidentiel calme, parc à deux pas, école pas loin. Et en plus, un style intérieur vraiment particulier pour une maison japonaise: outre la salle-à-manger et les chambres en plancher, le living est en marbre! Les portes, fenêtres etc. sont de style plutôt européen, en tout cas pas japonais pour un sou. Une washitsu, quand même, mais curieusement pas très japonaise. Inutile de vous dire que nous avons flashé. Mais…

Maison japonaise
Maison japonaise

L’agent immobilier nous a prévenu qu’un autre acheteur était déjà sur le coup, et… qu’il devait signer l’acte mardi, soit 2 jours plus tard. Pas grand chose à faire, nous dit-il, si ce n’est poser une option, en proposant le prix plein, et en espérant que le premier acheteur offre moins (car vu le nombre d’intermédiaires, il est difficile de savoir ce que chaque acheteur propose). C’est donc ce que nous avons fait, sans trop espérer. Mais voilà que…

Mardi, notre agent immobilier nous téléphone pour nous dire que l’acte n’a pas été signé, et pour nous demander nos disponibilités les jours prochains. Autant vous dire, nous y avons cru. L’espace de deux jours. Malheureusement, jeudi, l’on nous annonce que l’acte est signé, la maison est vendue… Que s’est-il passé? Nous ne le saurons probablement pas, mais il est possible que la loi de l’offre et de la demande ait joué, et que notre offre aura permis au vendeur d’exiger le prix plein du premier acheteur. Ce que celui-ci aura accepté, car la maison lui plaisait vraiment.

Voilà. Je suis presque sûr que nous ne trouverons pas une autre maison comme celle-ci, car elle était vraiment particulière. Mais je pense que nous trouverons « chaussure à notre pied », en temps voulu. Une chose est sûre: nous avons eu devant les yeux une affaire qui nous fera porter un regard différent sur les maisons que nous verrons dans le futur.

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3rd juillet 2008

Vous mangez quoi aujourd’hui?

En passant sur Seesmic, je suis tombé sur une conversation lancée par mon cher ami Ledretch (Nutritionist 2.0) et je me suis pris au jeu… de déballer mon plat préféré: il s’agit du nattô (納豆), un amalgame infâme de grains de soja fermentés. Si cela ne vous dit rien, jetez un oeil à cette petite vidéo, vous allez tout de suite comprendre de quoi je parle :)

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11th juin 2008

Ne PAS acheter une maison au Japon?

Je vous parlais récemment de mes recherches sur le marché de l’immobilier au Japon (ici et ici).

Mais en lisant ce post sur le blog de Seth Godin, je me dis que dans l’absolu, ce n’est peut-être pas une bonne idée. Seth dit en effet: « Only borrow money to pay for things that increase in value. »

Pour acheter une maison au Japon, il faudrait donc:

  • que je sois riche, ou
  • que les maisons japonaises gagnent de la valeur avec le temps

Ca vaudrait peut-être une petite réflexion…

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7th juin 2008

Acheter une maison au Japon? #2

Il y a quelques temps, je vous ai parlé du marché immobilier au Japon. De quoi se décourager? Peut-être, mais ne baissons pas les bras et voyons si une affaire est possible.

Les deux maisons que nous avons vues la semaine passées sont fort différentes, mais partagent aussi plusieurs points communs. Nous cherchons une maison plutôt spacieuse (selon le standard japonais), soit plus de 100m2 de surface habitable, alors que la moyenne est souvent (maximum) autour de 80m2 à Tôkyô, mais pas nécessairement près de la gare.

La première maison que nous avons vue est une maison en « béton armé léger » (軽量鉄骨象 keiryô tekkotsu zô) de fabrication « Hebel » (へーベルハウス = « Hebel haus ») de 104.95m2 (terrain: 121m2), située à 19 min à pied de la gare de H. (en haut d’une pente assez raide). La maison a 6 ans à peine, est garantie 10 ans, et est vantée comme étant une « habitation de 60 ans », la firme l’ayant construite (Asahi-Kasei) proposant un programme de maintenance avec visites régulières (tous les 5 ou 10 ans). L’agent immobilier nous dit que le terrain doit bien valoir 700,000 yen / tsubo (坪) càd environ 212,121 yen / m2. Et que la maison doit bien valoir 13,000,000 yen, ce qui nous donne 120m2 x 212,121 yen / m2 + 13,000,000 yen = environ 38,000,000 yen. Le prix proposé étant de 35,000,000 yen, selon l’agent immobilier, c’est « une affaire », étant donné que le prix d’une maison neuve « clé-sur-porte » dans le coin est de l’ordre de 40,000,000 yen. La maison est équipée « high-tech »: verrouillage avec code, cuisine « tout électrique », lampes hallogènes, etc. et est pour ainsi dire habitable immédiatement (juste les murs à retapisser).

Maison japonaise
Maison japonaise

La deuxième maison que l’agent immobilier nous fait visiter (voir ci-contre) est située à 17 min à pied de la gare de T. (gare suivante), avec une surface habitable de 115.82m2 sur un terrain de 132m2 (un peu plus spacieuse que l’autre). Grosse différence: la construction est en bois (木造) et a 17 ans. L’agent immobilier estime le terrain à 800,000 yen / tsubo, soit 242,424 yen / m2 et la maison elle-même à environ 0! Au Japon, une maison en bois perd en effet toute sa valeur en une génération à peine. Cela nous donne 132 m2 x 242,424 yen / m2 + 0 = 32,000,000 yen. La maison est vendue au prix de 31,000,000 yen avec déjà 1,000,000 yen de rabais potentiel. L’intérieur est cependant fort habimé: il faut refaire les murs, le plancher, la plomberie etc. … il y en a pour 4,000,000 yen de frais. A noter aussi: la gare de T. est plus prisée que la gare de H., car mieux fournie en commerces etc. Et le chemin jusqu’à la maison est plat.

Ma première impression: les deux maisons coûtent le même prix, 35,000,000 yen (si l’on inclut les travaux dans la 2ème). La grosse différence que je vois est que la maison de T. est considérée comme valant 0 yen, et que l’achat est porte donc essentiellement sur le terrain. L’agent immobilier nous précise en outre qu’une maison en bois coûte plus cher à l’entretien qu’une maison en béton (compter 10,000 yen par mois pour l’entretien d’une maison en bois). Je suis tenté de penser que la maison en bois est plus intéressante, en comptant sur le fait que le prix du terrain ne va pas trop baisser (à confirmer) et que je peux quand même habiter la maison, même si elle est considérée « ne rien valoir ».

Nous sommes retourné voir la maison de T., et nous y avons rencontré un voisin, qui nous a dit que le terrain ne valait sans doute pas 800,000 yen / tsubo, mais plutot 700,000 yen / tsubo (et encore). Et il nous a dit: « beaucoup de gens sont venus visiter cette maison et elle n’est toujours pas vendue; (je ne devrais pas vous dire ça, mais) elle ne vaut pas grand chose… Prenez votre temps pour choisir. » –leçon 1: ne pas croire tout ce que les agents immobiliers vous racontent!

L’agent immobilier nous a dit que la maison appartenait en fait à une banque (il s’agissait d’une saisie, le propriétaire n’ayant pu rembourser son prêt), et que si la maison n’était pas vendue 2 semaines plus tard, ils la vendraient aux enchères (beaucoup moins cher que le prix annoncé), probablement à un agent immobilier qui la rénoverait et la revendrait plus cher…

N’ayant pas vu tellement d’autres maisons, je ne peux pas dire si celle-ci était celle qu’il me fallait, mais je continue de penser qu’à choisir, je préfère la maison en bois. Et vous, avec ces données en main, quel est votre choix?

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19th avril 2008

Tatami, quand tu nous tiens

Aujourd’hui, nous fêtions l’arrivée d’un nouveau collègue (kangei-kai 歓迎会 = welcome party), dans un restaurant traditionnel japonais. Et comme souvent, lors de ces nomi-kai (飲み会 litt. fêtes à boire), nous étions assis à même le sol, sur le tatami.

C’est vraiment bizarre, cette coutume de s’asseoir par terre. Comment se fait-il que les japonais aujourd’hui continuent d’observer cette coutume? Car il faut dire qu’être assis par terre, même sur le tatami, n’est pas très confortable. Même si on s’assied en tailleur, on doit sans cesse changer de position pour éviter que les jambes s’engourdissent (ashi ga shibireru 足が痺れる). Et pourtant, alors que le tatami semble pratiquement abandonné dans le milieu du travail, il semble que dans les lieux où l’on est sensé se détendre, comme les restaurants ou à la maison, le tatami soit encore bien présent. Pourquoi?

Pièce traditionnelle japonaise, en tatami

Un collègue à qui j’ai posé la question m’a donné la réponse suivante: le seiza (正座), la position « officielle » (à genous), celle qui est la plus difficile à garder longtemps (car le sang circule mal dans les jambes) est liée à l’esprit japonais de retenue et d’endurance (gaman 我慢). Plutôt que de s’affaler sur une chaise ou dans un fauteuil, le japonais s’assied à même le sol et n’a besoin que de lui-même. C’est un peu samourai comme explication, je trouve. Mais c’est intéressant.

Autre aspect: il est clair que les japonais ne s’asseoiraient pas par terre si ce n’était pas sur le tatami. Ce tapis épais, à la fois souple et ferme est vraiment particulier. On se détend, mais sans s’affaler. Le tatami n’est ni chaud, ni froid. Le tatami a une odeur particulière. Le tatami vit, il évolue avec le temps. Il garde facilement l’empreinte du temps. Mon collègue me dit que lorsqu’il se couche par terre sur le tatami, l’odeur lui rappelle sa petite enfance où bébé, sa maman le posait sur le tatami pour jouer, avant même qu’il apprenne à marcher. Le tatami n’est donc pas un simple tapis, il renferme quelque chose d’émotionnel.

Moi qui n’ai connu le tatami qu’à l’âge adulte, je confirme cependant qu’il est extrêmement agréable de s’y étendre de tout son long et de ne penser à rien en fermant les yeux.

A votre avis, qu’est-ce qui pousse les japonais à s’asseoir ainsi à même le sol? Est-ce que le tatami vous inspire autant que moi?

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26th février 2008

Bientôt le Hina Matsuri…

Ca y est: on a resorti les poupées hina (雛人形). (Enfin, ça fait déjà plus d’une semaine, mais je ne trouve pas le temps de bloguer).

Poupees HinaAu Japon, la préparation du Hina Matsuri (Festival des Poupées), c’est un peu comme quand on décore un sapin de Noel. On retrouve les poupées qui ont dormi pendant 11 mois et on prend plaisir à les astiquer et à les disposer sur le promontoire… en chantant la chanson du Hina Matsuri:

灯りをつけましょう雪洞に♪
Akari wo tsukemasho bombori ni,
お花をあげましょ桃の花♪
O hana wo agemasho momo no hana …

Puis, on pose des friandises (hina arare ou fuwa sen) en attendant patiemment le grand jour pour les déguster.

Poupees HinaAu fond, je me suis demandé d’ou vient le terme hina 雛, et j’ai trouvé une réponse ici. L’appellation viendrait de « hiyoko » (poussin) rappelant le côté petit et mignon des poupées. Elles trouvent leur origine à l’époque Heian (794-1185), où elles étaient sensées repousser la saleté et les catastrophes. Au départ, faites de papier ou de terre, les poupées hina étaient debout. Ce n’est que plus tard (vers l’époque Muromachi, 1392-1573) qu’elles se sont assises. Et c’est depuis l’ère d’Edo (1603-1868) qu’on décore les poupées le 3 mars, lors de la floraison des pêchers.

Voilà pour la culture. Mais pour moi, le plus grand plaisir du Hina Matsuri est de voir ma fille toute excitée et joyeuse de sortir les poupées et de remonter sa boite à musique en chantonnant la petite mélodie.

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11th février 2008

UDON = soul food

Hier, nous avons vu un film (en DVD) intitulé UDON. Ce fut… un régal!

UdonPour les non-initiés, l’udon est une sorte de nouilles épaisse que l’on mange au Japon. Nourriture extrêmement simple, puisque ne contenant que 3 ingrédients (l’eau, le sel et la farine), les Japonais l’apprécient tellement que certains le considèrent comme une « nourriture de l’âme » (soul food).

L’histoire

Kosaku Mitsui (31) quitte son petit village et vole vers New York, où il tente de devenir célèbre. Cela s’avère cependant plus difficile que prévu et Kosaku se voit forcé de rentrer au pays, avec une dette importante à rembourser. De retour dans sa région, Sanuki (讃岐, préfecture de Kagawa 香川), il retrouve ses vieux amis, sa soeur, et son père qui ne sait faire qu’une chose: fabriquer l’udon. Cherchant du travail dans son pays natal, il se fait engager par hasard pour un magazine local pratiquement inconnu. L’idée lui vient alors, avec sa collègue Kyoko de faire découvrir à leurs lecteurs les secrets de l’udon…

Kosaku et KyokoLe film, très divertissant, et émouvant par moments, aborde plusieurs thèmes:

  • Le rire, qui n’est pas seulement le don des humoristes ou acteurs: « Donne quelque chose de délicieux à manger à quelqu’un et tu verras son visage radieux! »
  • Comment commence une mode, un boom? Quelle est cette étincelle qui fait prendre le feu?
  • L’udon est une « nourriture de l’âme« : sa simplicité et sa pureté sont réparatrices. (Au fait, quelle est la « nourriture de l’âme » en Belgique? Les frites? Si c’est un paquet de frites dans les mains que se vivent les émotions les plus fortes, peut-être?)
  • Retrouver ses racines, et la richesse qu’elles contiennent, mais aller jusqu’au bout de son chemin et de ce que l’on veut faire.

Bon appetitEt puis, ce film m’a vraiment donné envie d’un jour descendre jusque dans la région de Sanuki, à la recherche de ces artisans, fabriquants d’udon, qui réchauffent le corps et le coeur…

Voir aussi: Site officiel du film UDON

Men-tsu-dan

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4th février 2008

Acheter une maison au Japon?

On dit que « les Belges ont une brique dans le ventre », car ils ont tendance à investir dans l’immobilier en pensant que louer c’est jeter l’argent par les fenêtres. Et en Belgique, c’est sans doute justifié car l’immobilier a tendance à gagner de la valeur avec le temps.

Au Japon par contre, ce n’est pas évident. Au contraire. (C’est la raison du point d’interrogation dans le titre de cet article: est-il possible de bien acheter au Japon?) Il y a plusieurs raisons à cela:

Maison traditionnelle japonaise1. Les maisons au Japon sont soumises à rude épreuve: climat très humide, tremblements de terre, « fourmis blanches » (シロアリ shiro-ari) et j’en passe. Leur durée de vie s’en trouve donc réduite, et il n’y a pas de système fiable d’inspection des maisons remises en vente.

2. Les maisons neuves « clé-sur-porte » construites à la chaine (建売 taté-uri) ne sont pas faites pour durer: construites « à la va-vite » avec des matériaux bon marché. On dit qu’une maison de 30 ans ne vaut plus rien au Japon: on ne peut compter que le prix du terrain. (Il y a bien sûr des exceptions: j’ai visité ces derniers-temps une maison traditionnelle japonaise, faite de bois de qualité qui malgré ses 25 ans était comme neuve et pourrait encore être habitée pendant plus de cent ans).

3. La maintenance des maisons ne fait pas partie de la culture au Japon: les gens habitent la maison, mais « oublient » qu’il faut parfois l’entretenir, la repeindre, réparer les murs ou la toiture, etc. Lorsqu’une maison est rénovée (les japonais utilise le terme « réforme » リフォーム), c’est presque toujours via une société spécialisée, rarement par les particuliers, ce qui allourdit les couts.

4. Les japonais aiment ce qui est neuf. Ca peut paraitre idiot, mais c’est vrai: les gens sont moins sensible au fait que le bâtiment a une histoire, et bien sûr, à cause des raisons énoncées au point 1, il est risqué d’acheter une maison ancienne (qui pourrait avoir des vices cachés). Et c’est accentué par les agents immobiliers, qui privilégient les constructions neuves.

5. Le « trou noir de l’immobilier » (merci à Alban pour le lien!). En gros: il y a une baisse de la demande (faible démographie) et une augmentation de l’offre de logements (neufs), conduisant à une chute des prix des biens immobiliers anciens.

Alors, dans cette situation, est-il possible d’acheter un bien immobilier sans qu’il perde de sa valeur? Cela n’a pas l’air gagné. (D’ailleurs ici, au Japon, les banques refusent de considérer la maison comme gage du prêt: il faut soit travailler pour une grosse entreprise, soit avoir une solide assurance-vie…)

La valeur d’un bien immobilier aux yeux des japonais est très liée aux facteurs suivants:

  • Accessibilité: distance de la gare la plus proche
  • Superficie: l’espace est apprécié (quoique beaucoup de japonais sont résolus à vivre dans un espace beaucoup plus étroit qu’en Europe)
  • Nouveauté: comme expliqué plus haut, le neuf est très apprécié

Or comme la superficie ne change pas, et la nouveauté se perd au fil des années, il reste l’accessibilité. Celle-ci ne change pas non plus me direz vous, à moins que… le quartier se développe, une nouvelle gare se construise (ou bien une petite gare existante prenne de l’importance), des écoles, des supermarchés se construisent. Mon idée est donc que la seule issue au problème de la perte de valeur de l’immobilier au Japon est de trouver les quartiers qui vont se développer. Acheter un bien à prix raisonable et l’entretenir au mieux, en misant sur l’expansion de la ville.

Notez que je ne suis qu’au début de mes recherches, donc si vous avez des info ou conseils, je suis preneur!

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