• Ma Tasse de Thé

  • Méditations, doutes et illuminations d’un amateur de thé…

19th avril 2008

Tatami, quand tu nous tiens

Aujourd’hui, nous fêtions l’arrivée d’un nouveau collègue (kangei-kai 歓迎会 = welcome party), dans un restaurant traditionnel japonais. Et comme souvent, lors de ces nomi-kai (飲み会 litt. fêtes à boire), nous étions assis à même le sol, sur le tatami.

C’est vraiment bizarre, cette coutume de s’asseoir par terre. Comment se fait-il que les japonais aujourd’hui continuent d’observer cette coutume? Car il faut dire qu’être assis par terre, même sur le tatami, n’est pas très confortable. Même si on s’assied en tailleur, on doit sans cesse changer de position pour éviter que les jambes s’engourdissent (ashi ga shibireru 足が痺れる). Et pourtant, alors que le tatami semble pratiquement abandonné dans le milieu du travail, il semble que dans les lieux où l’on est sensé se détendre, comme les restaurants ou à la maison, le tatami soit encore bien présent. Pourquoi?

Pièce traditionnelle japonaise, en tatami

Un collègue à qui j’ai posé la question m’a donné la réponse suivante: le seiza (正座), la position « officielle » (à genous), celle qui est la plus difficile à garder longtemps (car le sang circule mal dans les jambes) est liée à l’esprit japonais de retenue et d’endurance (gaman 我慢). Plutôt que de s’affaler sur une chaise ou dans un fauteuil, le japonais s’assied à même le sol et n’a besoin que de lui-même. C’est un peu samourai comme explication, je trouve. Mais c’est intéressant.

Autre aspect: il est clair que les japonais ne s’asseoiraient pas par terre si ce n’était pas sur le tatami. Ce tapis épais, à la fois souple et ferme est vraiment particulier. On se détend, mais sans s’affaler. Le tatami n’est ni chaud, ni froid. Le tatami a une odeur particulière. Le tatami vit, il évolue avec le temps. Il garde facilement l’empreinte du temps. Mon collègue me dit que lorsqu’il se couche par terre sur le tatami, l’odeur lui rappelle sa petite enfance où bébé, sa maman le posait sur le tatami pour jouer, avant même qu’il apprenne à marcher. Le tatami n’est donc pas un simple tapis, il renferme quelque chose d’émotionnel.

Moi qui n’ai connu le tatami qu’à l’âge adulte, je confirme cependant qu’il est extrêmement agréable de s’y étendre de tout son long et de ne penser à rien en fermant les yeux.

A votre avis, qu’est-ce qui pousse les japonais à s’asseoir ainsi à même le sol? Est-ce que le tatami vous inspire autant que moi?

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12th avril 2008

Flexible Upload 1.10 released!

Now, here it is! お待たせしました。

Flexible Upload now works with WordPress 2.5. I have chosen not to use the Flash upload (although it is nice to upload multiple files at once), because several people reported they didn’t like it, and because I didn’t find a proper way to pass image resizing options before the upload starts. So the plugin is a bit old-fashioned regarding the upload part, but I hope it answers the many requests not to change it. On the other hand, for the « Insert to Post » part, I have chosen to follow WP (including Ajax), because I didn’t find it too slow and I found it easy to integrate Flexible Upload features into it.

I’d like to thank the many people who contributed in a way or another to this release, even by simply posting an encouraging comment on the forum or on the plugin page, because I wouldn’t have done it if the request hadn’t been so strong.

Hope you enjoy it. Please continue to report bugs, problems, or feature requests (preferably on the forum, because it is easier to track).

Happy Blogging, on the best publishing platform ever!

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23rd mars 2008

Twitter: gazouillements du Web 2.0

Connaissez-vous Twitter? http://twitter.com/

Selon ses créateurs, « Twitter est un service pour amis, familles et collègues, permettant de communiquer et de rester connecté par l’échange de rapides et fréquentes réponses à la question: Qu’est-ce que vous faites? »

Twitter

Ma définition serait un peu différente, car je n’ai que peu d’amis qui utilisent (déjà) Twitter. Je dirais que la question: « What are you doing » est une excuse, une invitation a parler. Comme quand on rencontre quelqu’un et qu’on dit: « ça va? ». Pour moi, Twitter est un lieu d’expression. Twitter est parfois qualifié d’outil de « micro-blogging », car une particularité est que chaque phrase (tweet = gazouilli) que l’on poste est limitée à 140 caractères. Cette limite est importante, car elle force à être concis. Cela permet de laisser à tous la liberté d’expression.

Vu sous un autre angle, Twitter est un lieu d’écoute. Il suffit de voir la « public timeline » http://twitter.com/public_timeline, c’est-à-dire l’ensemble de tous les tweets postés par l’ensemble des utilisateurs. On a beau rafraichir la page, il y a sans cesse des nouveaux tweets, le débit est impressionnant! Et il est amusant de voir la diversité des langues utilisées. Twitter est vraiment un échantillon du monde.

Ma première réaction en voyant Twitter, fut: « Mais qu’est ce c’est que ce truc? Comment est-ce possible de passer sa journée à raconter sa vie? » Car il n’est pas rare de voir des utilisateurs poster plusieurs tweets par heure. Par la suite, en découvrant Seesmic http://www.seesmic.com/ (voir ici), je me suis enregistré sur Twitter et c’est ainsi que, par le biai des autres utilisateurs de Seesmic, je suis entré dans l’univers de Twitter, le « Twitterverse ».

Ce qui me plait beaucoup est la flexibilité de Twitter, notamment la possibilité de « suivre » et d’ « être suivi ». Contrairement a Facebook, par exemple, ou on est obligé d’être l’ami de ceux qui sont nos amis, sur Twitter, cette relation n’est pas nécessairement réciproque. Le fait de savoir qu’on peut suivre et être suivi librement permet de poster sans se soucier de « polluer » la timeline: si ce que je dis n’intéresse pas quelqu’un, cette personne n’a qu’à ne pas me suivre.

La simplicité de Twitter est aussi un atout: offrir juste le strict minimum, et un API pour permettre à d’autres d’y ajouter des fonctionnalités. Twitter est une mine d’information, et si on l’utilise correctement, peut devenir utile outre son aspect ludique.

Ceci étant dit, je trouve toujours (peut-être pas autant qu’au début) que le rapport « signal-bruit » est faible. A part peut-être quand il s’agit d’amis proches, on n’est pas toujours intéressé de savoir qu’untel s’est brossé les dents ou a fait la grasse matinée. Un peu de vie quotidienne est sympa, car cela donne un côté « humain », mais en ce qui me concerne, j’attends davantage de cet outil, notamment pouvoir l’utiliser pour diffuser ou obtenir l’information. C’est la raison pour laquelle je suis relativement sélectif par rapport aux gens que je suis, sans quoi je risque de ne suivre plus personne.

Quand je vois aujourd’hui l’évolution de l’intérêt que je porte à Twitter, celui-ci pourrait bien être décrit par ce graphe. J’ai le sentiment que Twitter est un outil intéressant, mais reste à voir dans le long terme (selon les cas, le graphe pourrait ressembler à celui-ci). Si Twitter n’est pas un mode de communication nouveau à l’instar de l’e-mail ou du SMS, c’est en tout cas un rendez-vous du Web 2.0 à ne pas manquer!

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12th mars 2008

Fabrication du miso – How to make miso

Last week, I made miso, you know, a brownish paste made of fermented soybeans, used in japanese cooking, especially for miso soup (味噌汁 miso shiru). So here is the recipe of homemade miso.

First remark: it is recommended to prepare miso in the winter (preferably in February; I started a bit late…), to avoid mold.

La semaine passée, j’ai mis la main à la pâte pour fabriquer du miso. Pour rappel, le miso est cette pâte brunâtre faite de soja fermenté, que l’on utilise dans la cuisine japonaise, particulièrement dans la soupe (味噌汁 miso shiru). Et je vais donc tenter de vous résumer le procédé de fabrication du miso.

Notons pour commencer qu’il est recommandé de fabriquer le miso en hiver (de préférence au mois de février; je m’y suis pris un peu tard…), pour éviter que de la moisissure se forme.

Ingredients / Ingrédients

You will need / Vous aurez besoin de:

  • 1 kg soybeans / 1 kg de grains de soja
  • 1 kg rice malt / 1 kg de malt de riz
  • 500g salt / 500g de sel*
  • water / de l’eau

* salt at 12.5% : 500g, at 11.5% : 450g (do not use salt of concentration less than 11.5%)
sel à 12.5% : 500g, à 11.5% : 450g (ne pas utiliser du sel de concentration moindre que 11.5%)

Fabrication process / Procédé de fabrication

1. Soak dried soybeans in water for 12-16 hours (put about 2-3 times more water than the beans in volume)

Faire tremper les grains de soja dans l’eau pendant 12 à 16 heures (mettre 2 à 3 fois plus d’eau que de soja en volume).

2. Cook soybeans in water for about 2h: they should become soft enough that you can crush them with your fingers.

Cuire les grains de soja dans l’eau pendant 2 heures environ: les grains doivent être suffisemment mous qu’on puisse les écraser du bout des doigts.

3. Remove the beans from water. !!! Be sure to keep the cooking water for later.

Egoutter les grains de soja. !!! Attention de garder l’eau de cuisson pour plus tard.

4. Mash soybeans.

Ecraser les grains de soja.

Mash up soy beans   Soy beans paste

5. Mix rice malt with salt.

Mélanger le malt de riz et le sel.

Mix rice malt with salt

6. Mix the malt & salt with soybeans. Add cooking water as needed so that it becomes like clay.

Mélanger la mixture obtenue avec les grains de soja. Ajouter de l’eau de cuisson au besoin, jusqu’à ce que le mélange ait la texture de la terre glaise.

Mix all together   Add cooking water to soften

! Don’t use water other than the cooking water, in order to avoid mold.
! Ne pas utiliser de l’autre autre que l’eau de cuisson, afin d’éviter la moisissure.

7. Make little balls with the mix, and put it in a jar by making sure there is no air gap.

Former des boulettes de pâte et les mettre dans une jarre en veillant à ce qu’il n’y ait pas de fentes d’air.

Make balls to eliminate air   Stuff balls in a big jar

8. After having covered the paste with a plastic wrap, put a hermetic lid on the jar and a weight on it to keep in closed.

Après avoir recouvert la pâte d’un film plastique, fermer la jarre au moyen d’un couvercle hermétique et poser un poids pour la maintenir fermée.

Wrap with plastic film

9. Put the jar in a cool and dark place and wait until fermentation is done (about mid to end of July).

Placer la jarre dans un endroit sombre et frais et attendre la fin de la fermentation (environ mi- à fin juillet).

Enjoy and bon appétit!

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1st mars 2008

Software Testing: Dogmatic or Pragmatic?

As a software engineer, and particularly in the medical field, software testing is a subject I find very important, so I’d like share with you some thoughts about it.

I watched on InfoQ a debate about TDD which took place at JAOO ’07 with Jim Coplien and Bob Martin. Martin started the debate by declaring: « it is irresponsible for a developer to ship a line of code he has not executed in a unit test. »

First thought: of course! We, software engineers, learn by experience that code which has not been executed (tested) cannot be considered working (understand: should be considered not working). So yes, Martin is right. We tend to like clear and straight statements, because they are easy to understand and agree with: yes, every line of code should be executed in a unit test. But when you think of it, there are several problems with this:

  • Is it because a line has been executed in unit test that it is properly tested? Read: 100% code coverage in terms of executed line of code is not that meaningful in itself: I can write 100% coverage tests and still ship buggy code.
  • (Assuming you write meaningful tests:) What is the cost of writing unit tests to achieve this 100% coverage? And is the cost justifiable, does it really add value for the customer?

Recently, I also read this article on Javalobby: Practical Unit Testing. And I liked it, because it is more balanced and reflected than the single statement of Martin.

In fact (and this is the tricky problem in software testing): the most meaningful test is the most difficult to write. To take a practical example: in my organization, (a year or two ago) we’ve been an using automated test tool called Agitator (by Agitar Software; note that it is now part of a tool called AgitarOne). This tool basically automatically generates tests based on Java code and allows you to « agitate » your code, that is, run methods with all sorts of arguments, to try finding bugs. The problem is if you agitate your code « randomly », at best, you find trivial bugs such as lack of null-checking etc. On the other hand, if you want to use the tool in a meaningful way, you need to spend a lot of time creating mock classes and test datasets, to introduce domain knowledge in your tests (which the tool does not have). Whether you do it using using a tool such as Agitator, a xUnit framework, or manually, this effort is not going to change a lot. (I’m not saying you should not use a tool, but don’t think using a tool will substantially reduce the effort of writing meaningful tests).

The goal of software testing is simple to understand: ship bug free code. But it is extremely difficult to achieve due to the gigantic size of the search space. And it is therefore difficult to give good advices on how to do that in practice. In my opinion, we ought to be very careful with dogmatic statements, and always ask ourselves how to increase test efficiency (increase pay-off for the effort spent in writing tests), rather than increase test coverage.

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26th février 2008

Bientôt le Hina Matsuri…

Ca y est: on a resorti les poupées hina (雛人形). (Enfin, ça fait déjà plus d’une semaine, mais je ne trouve pas le temps de bloguer).

Poupees HinaAu Japon, la préparation du Hina Matsuri (Festival des Poupées), c’est un peu comme quand on décore un sapin de Noel. On retrouve les poupées qui ont dormi pendant 11 mois et on prend plaisir à les astiquer et à les disposer sur le promontoire… en chantant la chanson du Hina Matsuri:

灯りをつけましょう雪洞に♪
Akari wo tsukemasho bombori ni,
お花をあげましょ桃の花♪
O hana wo agemasho momo no hana …

Puis, on pose des friandises (hina arare ou fuwa sen) en attendant patiemment le grand jour pour les déguster.

Poupees HinaAu fond, je me suis demandé d’ou vient le terme hina 雛, et j’ai trouvé une réponse ici. L’appellation viendrait de « hiyoko » (poussin) rappelant le côté petit et mignon des poupées. Elles trouvent leur origine à l’époque Heian (794-1185), où elles étaient sensées repousser la saleté et les catastrophes. Au départ, faites de papier ou de terre, les poupées hina étaient debout. Ce n’est que plus tard (vers l’époque Muromachi, 1392-1573) qu’elles se sont assises. Et c’est depuis l’ère d’Edo (1603-1868) qu’on décore les poupées le 3 mars, lors de la floraison des pêchers.

Voilà pour la culture. Mais pour moi, le plus grand plaisir du Hina Matsuri est de voir ma fille toute excitée et joyeuse de sortir les poupées et de remonter sa boite à musique en chantonnant la petite mélodie.

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11th février 2008

UDON = soul food

Hier, nous avons vu un film (en DVD) intitulé UDON. Ce fut… un régal!

UdonPour les non-initiés, l’udon est une sorte de nouilles épaisse que l’on mange au Japon. Nourriture extrêmement simple, puisque ne contenant que 3 ingrédients (l’eau, le sel et la farine), les Japonais l’apprécient tellement que certains le considèrent comme une « nourriture de l’âme » (soul food).

L’histoire

Kosaku Mitsui (31) quitte son petit village et vole vers New York, où il tente de devenir célèbre. Cela s’avère cependant plus difficile que prévu et Kosaku se voit forcé de rentrer au pays, avec une dette importante à rembourser. De retour dans sa région, Sanuki (讃岐, préfecture de Kagawa 香川), il retrouve ses vieux amis, sa soeur, et son père qui ne sait faire qu’une chose: fabriquer l’udon. Cherchant du travail dans son pays natal, il se fait engager par hasard pour un magazine local pratiquement inconnu. L’idée lui vient alors, avec sa collègue Kyoko de faire découvrir à leurs lecteurs les secrets de l’udon…

Kosaku et KyokoLe film, très divertissant, et émouvant par moments, aborde plusieurs thèmes:

  • Le rire, qui n’est pas seulement le don des humoristes ou acteurs: « Donne quelque chose de délicieux à manger à quelqu’un et tu verras son visage radieux! »
  • Comment commence une mode, un boom? Quelle est cette étincelle qui fait prendre le feu?
  • L’udon est une « nourriture de l’âme« : sa simplicité et sa pureté sont réparatrices. (Au fait, quelle est la « nourriture de l’âme » en Belgique? Les frites? Si c’est un paquet de frites dans les mains que se vivent les émotions les plus fortes, peut-être?)
  • Retrouver ses racines, et la richesse qu’elles contiennent, mais aller jusqu’au bout de son chemin et de ce que l’on veut faire.

Bon appetitEt puis, ce film m’a vraiment donné envie d’un jour descendre jusque dans la région de Sanuki, à la recherche de ces artisans, fabriquants d’udon, qui réchauffent le corps et le coeur…

Voir aussi: Site officiel du film UDON

Men-tsu-dan

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6th février 2008

Ma fille aime les histoires…

… mais pas n’importe lesquelles!

Alors que, comme d’autres enfants, elle aurait pu aimer ceci:

Sailor Moon

… ou encore cela:

Pokemon

Voici le manga que ma fille préfère:

Sazae-san

Eh oui, Sazaé-san! Et je vous assure, ce n’est pas moi qui lui ai inculqué ça. Le manga qu’on a à la maison est en noir et blanc, mais elle adore. Ce qu’elle aime dans ces histoires de la vie de tous les jours, où il ne se passe rien de spécial? C’est sans doute qu’il y a toujours quelque chose à apprendre. Elle ne cesse de poser plein de questions: Qu’est-ce que c’est ça? Et pourquoi Sazaé-san fait ça?

Son personnage préféré? C’est « Funé » フネ, la maman de Sazaé. Avouez que pour ses deux ans, elle a des goûts raffinés, non? ;)

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4th février 2008

Acheter une maison au Japon?

On dit que « les Belges ont une brique dans le ventre », car ils ont tendance à investir dans l’immobilier en pensant que louer c’est jeter l’argent par les fenêtres. Et en Belgique, c’est sans doute justifié car l’immobilier a tendance à gagner de la valeur avec le temps.

Au Japon par contre, ce n’est pas évident. Au contraire. (C’est la raison du point d’interrogation dans le titre de cet article: est-il possible de bien acheter au Japon?) Il y a plusieurs raisons à cela:

Maison traditionnelle japonaise1. Les maisons au Japon sont soumises à rude épreuve: climat très humide, tremblements de terre, « fourmis blanches » (シロアリ shiro-ari) et j’en passe. Leur durée de vie s’en trouve donc réduite, et il n’y a pas de système fiable d’inspection des maisons remises en vente.

2. Les maisons neuves « clé-sur-porte » construites à la chaine (建売 taté-uri) ne sont pas faites pour durer: construites « à la va-vite » avec des matériaux bon marché. On dit qu’une maison de 30 ans ne vaut plus rien au Japon: on ne peut compter que le prix du terrain. (Il y a bien sûr des exceptions: j’ai visité ces derniers-temps une maison traditionnelle japonaise, faite de bois de qualité qui malgré ses 25 ans était comme neuve et pourrait encore être habitée pendant plus de cent ans).

3. La maintenance des maisons ne fait pas partie de la culture au Japon: les gens habitent la maison, mais « oublient » qu’il faut parfois l’entretenir, la repeindre, réparer les murs ou la toiture, etc. Lorsqu’une maison est rénovée (les japonais utilise le terme « réforme » リフォーム), c’est presque toujours via une société spécialisée, rarement par les particuliers, ce qui allourdit les couts.

4. Les japonais aiment ce qui est neuf. Ca peut paraitre idiot, mais c’est vrai: les gens sont moins sensible au fait que le bâtiment a une histoire, et bien sûr, à cause des raisons énoncées au point 1, il est risqué d’acheter une maison ancienne (qui pourrait avoir des vices cachés). Et c’est accentué par les agents immobiliers, qui privilégient les constructions neuves.

5. Le « trou noir de l’immobilier » (merci à Alban pour le lien!). En gros: il y a une baisse de la demande (faible démographie) et une augmentation de l’offre de logements (neufs), conduisant à une chute des prix des biens immobiliers anciens.

Alors, dans cette situation, est-il possible d’acheter un bien immobilier sans qu’il perde de sa valeur? Cela n’a pas l’air gagné. (D’ailleurs ici, au Japon, les banques refusent de considérer la maison comme gage du prêt: il faut soit travailler pour une grosse entreprise, soit avoir une solide assurance-vie…)

La valeur d’un bien immobilier aux yeux des japonais est très liée aux facteurs suivants:

  • Accessibilité: distance de la gare la plus proche
  • Superficie: l’espace est apprécié (quoique beaucoup de japonais sont résolus à vivre dans un espace beaucoup plus étroit qu’en Europe)
  • Nouveauté: comme expliqué plus haut, le neuf est très apprécié

Or comme la superficie ne change pas, et la nouveauté se perd au fil des années, il reste l’accessibilité. Celle-ci ne change pas non plus me direz vous, à moins que… le quartier se développe, une nouvelle gare se construise (ou bien une petite gare existante prenne de l’importance), des écoles, des supermarchés se construisent. Mon idée est donc que la seule issue au problème de la perte de valeur de l’immobilier au Japon est de trouver les quartiers qui vont se développer. Acheter un bien à prix raisonable et l’entretenir au mieux, en misant sur l’expansion de la ville.

Notez que je ne suis qu’au début de mes recherches, donc si vous avez des info ou conseils, je suis preneur!

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27th janvier 2008

Clin d’oeil ;)

Un clin d’oeil pour mon frangin. Je n’ai pu m’empêcher de penser à lui en souriant lorsque j’ai vu les panneaux suivants dans un centre commercial au Japon.

Avenue du Rémi   Avenue du Rémi

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