26th June 2007

Les légumes bio de Mme Wada

Voici un bel exemple d’une petite entreprise qui “crée du sens” (make meaning pour reprendre les termes de Guy Kawasaki): “la Ferme Wada”.

M. et Mme Wada ont un champ et cultivent des légumes bio. Ils aimeraient vraiment distribuer largement leurs bons légumes, mais cela nécessite de les cueillir (évidemment), de les acheminer au magasin ou au marché ou à la coopérative agricole (et se faire sucrer au passage pour le transport et la distribution). Leurs légumes cultivés avec amour, mais surtout sans engrais chimiques, qui leur coûtent donc dejà cher à la production, risquent ainsi de devenir vraiment non-concurrentiels.

C’est ici que Mme Wada a une bonne idée: elle décide de vendre l’usufruit de petites parcelles de son champ à ceux qui sont intéressés.  Concrètement, cela veut dire que je paye une somme fixe (environ 100 EUR) et j’ai le droit de récolter ladite parcelle pendant les trois mois d’été: 4 plants de tomates, 4 plants de concombres, 3 plants d’aubergines, 2 plants de poivrons.  En fait, récolter, c’est un droit (et aussi un devoir), mais c’est surtout un plaisir: surtout au mois de juillet, la production est tellement abondante qu’on peut venir tous les deux jours se servir de légumes frais (pas moyen de faire plus frais!).  Et puis, pour des petits citadins japonais qui n’ont pas de jardin potager, c’est une occasion unique de voir comment les légumes poussent, et de les cueillir eux-mêmes.  Ma fille adore aller cueillir les légumes chez Wada-san!

Moi, ce qui me frappe dans cette entreprise, c’est:

  • son originalité
  • la minimisation des pertes, tant pour soi que pour le client (pas de légumes invendus)
  • la minimisation des coûts, en éliminant les intermédiaires
  • la “mission sociale/éducatrice”: permettre aux gens de mieux réaliser d’où viennent les légumes qui atterrissent dans leur assiette

C’est vraiment ce genre d’innovation dont notre société a besoin.

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17th March 2007

La passion d’entreprendre

Je suis toujours épaté par les récits de startups. Créer son propre business!

Une amie de mon épouse qui, après avoir accumulé diverses expériences dans la restauration (notamment dans un restaurant a sushi, un restaurant “bio” et un restaurant “ryotei” 5 étoiles), termine des études de diététique et cherche son prochain boulot. Elle a toujours rêvé d’ouvrir son propre restaurant; cela fait presque dix ans maintenant qu’elle y pense.

Pendant ce temps, un brillant ingénieur commercial, ayant travaillé plusieurs années comme consultant pour une firme internationale, voyageant entre Tokyo et New York, décide à l’annonce soudaine de la mort de son père, de retourner à Hamamatsu, sa ville natale. Il se lance ensuite dans un tour du monde et visite beaucoup de pays pauvres, où il rencontre des gens qui souffrent et meurent de faim. Ce déséquilibre entre pays extra-riches et pays extra-pauvres le fait réfléchir: il se dit que si toute la nourriture utilisée pour engraisser les boeufs des riches pouvaient être redistribuée à ceux qui crèvent de faim, le monde tournerait sans doute un peu plus rond. Cela l’amène ainsi petit à petit, à l’idée d’ouvrir dans sa ville natale un restaurant de curry indien basé sur les trois grans axes suivants:

  1. Fair-trade: importation d’aliments (essentiellement, épices et thé d’Inde) en payant un prix qui permette de rémunérer dignement les producteurs
  2. Aliments biologiques: utilisation d’ingrédients se source “sûre”, pas d’OGM, pas de pesticides…
  3. Utilisation des resources “du terroir” (excepté pour les aliments “fair traide)

C’est ici que le destin de ces deux personnes se rencontrent, et notre amie est invitée à se lancer avec lui dans l’aventure de “Bija” (c’est le nom du futur restaurant). Décision difficile, certes, pour une tokyoite de quitter sa ville natale pour une ville de province comme Hamamatsu, mais néanmoins pleine de promesses. (Suite de cette histoire sur le site de Bija, qui ouvrira au mois de mai prochain).

Quels sont les éléments nécessaires pour démarrer un business qui marche? Une idée originale? Une “mission”? Un caractère marqué? Une recette unique? Tous ces éléments, si pas nécessaires sont en tout cas déterminants de la réussite d’une entreprise, mais je me demande si, dans le fond, le plus important n’est pas simplement d’Y CROIRE?! La passion. L’optimisme. Je ne parle pas de naiveté, mais de la conviction ferme que les difficultés, quelles qu’elles soient, peuvent être surmontées.

A quand le lancement de mon propre business?

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2nd March 2007

Données “privées”?

Confidentialité, et plus encore l’apellation anglaise “privacy”, voilà des mots à la mode.  Les entreprises sont de plus en plus acculées à suivre des règles strictes en matière de gestion des fameuses données privées ou informations personnelles.  Et les medias sont à l’affut de toute fuite pour la crier haut et fort.

Bien sûr, toutes les compagnies vous diront qu’elles “prennent le problème très au sérieux”, et que les données que vous leur communiquez ne seront dévoilées à personne, et on aimerait pouvoir les croire…  Mais soyons réalistes, il devient de plus en plus difficile de se protéger de toute fuite, et je serais curieux de voir tous les dossiers à mon sujet qui peuplent les disques durs de compagnies dont je ne (re)connais même pas le nom.

Récemment, j’ai reçu un coup de fil au boulot d’une personne qui s’est présentée sous le nom de Mike à la réceptionniste (il n’avait pas mon numéro direct), et comme un niais (il se fait que je connais un certain Mike) j’ai pris le coup de fil.  Puis, quand j’ai compris que le Mike en question essayait de me vendre des produits financiers pour expatriés, je l’ai poliment interrompu et je lui ai demandé si je pouvais savoir où il avait obtenu mes coordonnées.  Celui-ci me répond alors sans aucune gêne qu’ils ont acheté une liste de contacts à une “entreprise” qui fait des recherches sur Internet pour trouver le nom et le lieu de travail d’expatriés.  Mais c’est bien sûr: une boite d’espionnage en somme!

C’est comme les types qui ont fondé une compagnie qui rassemble un tas d’informations personnelles et les vend sur Internet (pour la modique somme de 8 dollars si je me rappelle bien), on peut notamment connaitre le salaire, numéro de securité sociale, casier judiciaire etc de la personne.  Ca aussi c’est cool.

Enfin, je me rappelle d’un documentaire sur Google, qui tout en reconnaissant le succès de la compagnie, mettait en garde contre sa “toute-puissance”, par la quantité de données qu’elle possède.  Par exemple, en ouvrant un compte gmail, tous mais mails sont stockés dans les disques durs de leurs “data centers” géants, localisés… aux Etats-Unis.  Bien sûr, Google vous dit qu’ils sont très sérieux, et qu’ils ne jouent pas avec ça, mais n’empêche… si Bush (ou son successeur) décide un jour pour une raison ou une autre que les belges du Japon sont sur l’ “axe du mal”, ça m’étonnerait que Google puisse faire grand chose pour l’empêcher de mettre la main sur mes données.  Bon, ok, j’admets que c’est un peu surréaliste.

Mais ce que je veux dire, c’est que j’ai fichtrement l’impression que la confidentialité a ses limites, et qu’on aurait bien des raisons d’être un peu plus paranos par moments.

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14th February 2007

La belle ou la bête?

Il n’est pas rare de voir apparaitre plus ou moins au même moment plusieurs technologies différentes tendant de résoudre un même problème. Un exemple récent est la bataille qui se joue en ce moment entre le Blu-ray et le HD-DVD. Et je lisais il y a deja quelques temps à ce propos qu’une situation similaire avait eu lieu lors de l’apparition de la cassette vidéo: le VHS gagna alors la bataille contre son concurrent la Beta (serais-ce son nom qui l’a tuée? ;)).

Or il est intéressant de constater que ce n’est pas nécessairement “le meilleur qui l’emporte”. On assiste a un phénomène semblable en développement logiciel: ce ne sont pas les plus beaux programmes qui survivent, et l’on voit souvent au contraire du code mal structuré qui est utilisé pendant de longues années. Oh, on aura bien sur essayer de le remplacer, de tout reprogrammer, de facon plus élégante, mais rien n’y fait, la bête demeure.

Qu’est-ce qui détermine la survie d’une technologie plutôt qu’une autre, la popularité d’un logiciel? Je crois que plus que la “beauté”, c’est l’accessibilité au tout venant qui est importante. Je prendrais l’exemple de Lightpress, un front-end pour Wordpress, destiné a parer les insuffisances et lourdeurs de Wordpress. C’est selon moi une jolie pièce de logiciel, un code élégant, bien concu et bien testé, mais qui n’a jamais vraiment décollé. Wordpress, par contre, malgré ses insuffisances et tous les reproches que l’on peut lui faire, connait un fier succès. Une force de Wordpress, selon moi, est son accessibilité au grand public, et la possibilité donnée a n’importe qui de publier son propre thème ou plugin (Lightpress est selon moi moins abordable). Bref, c’est le Web2.0, quoi, la “long tail”…

Juste une réflexion, comme ca, autour d’une tasse de thé.

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