26th 6月 2007

Les légumes bio de Mme Wada

Voici un bel exemple d’une petite entreprise qui “crée du sens” (make meaning pour reprendre les termes de Guy Kawasaki): “la Ferme Wada”.

M. et Mme Wada ont un champ et cultivent des légumes bio. Ils aimeraient vraiment distribuer largement leurs bons légumes, mais cela nécessite de les cueillir (évidemment), de les acheminer au magasin ou au marché ou à la coopérative agricole (et se faire sucrer au passage pour le transport et la distribution). Leurs légumes cultivés avec amour, mais surtout sans engrais chimiques, qui leur coûtent donc dejà cher à la production, risquent ainsi de devenir vraiment non-concurrentiels.

C’est ici que Mme Wada a une bonne idée: elle décide de vendre l’usufruit de petites parcelles de son champ à ceux qui sont intéressés.  Concrètement, cela veut dire que je paye une somme fixe (environ 100 EUR) et j’ai le droit de récolter ladite parcelle pendant les trois mois d’été: 4 plants de tomates, 4 plants de concombres, 3 plants d’aubergines, 2 plants de poivrons.  En fait, récolter, c’est un droit (et aussi un devoir), mais c’est surtout un plaisir: surtout au mois de juillet, la production est tellement abondante qu’on peut venir tous les deux jours se servir de légumes frais (pas moyen de faire plus frais!).  Et puis, pour des petits citadins japonais qui n’ont pas de jardin potager, c’est une occasion unique de voir comment les légumes poussent, et de les cueillir eux-mêmes.  Ma fille adore aller cueillir les légumes chez Wada-san!

Moi, ce qui me frappe dans cette entreprise, c’est:

  • son originalité
  • la minimisation des pertes, tant pour soi que pour le client (pas de légumes invendus)
  • la minimisation des coûts, en éliminant les intermédiaires
  • la “mission sociale/éducatrice”: permettre aux gens de mieux réaliser d’où viennent les légumes qui atterrissent dans leur assiette

C’est vraiment ce genre d’innovation dont notre société a besoin.

posted in Opinion | 1 Comment

15th 6月 2007

Penser au lait

“Ne pas oublier d’aller acheter du lait”, un petit post-it sur le coin de mon écran aurait peut-être bien pu faire l’affaire, mais figurez-vous que je suis tombé par hasard sur le site http://www.rememberthemilk.com/ qui permet, entre autre, de “penser au lait”. Et mieux, il permet de gérer une liste de tâches, une “to-do list” quoi. Bien sûr, il y a celle d’Outlook, mais je voulais une liste que je pouvais “ballader partout avec moi” (c’est-à-dire, paradoxalement, que je ne la trimbale pas avec moi, mais que je la trouve sur Internet). Je pensais que Google y avait déjà pensé, alors j’ai essayé de taper l’URL “http://tasks.google.com” dans mon browser, mais ca n’existe pas (encore). Google offre une fonction calendrier, mais pas la bête “to-do list”…

Pourquoi une “tout-doux liste” (euh…)? Eh bien je lis pour le moment un bouquin intitulé “dandori no gijutsu” (段取りの技術, ben oui, c’est en Japonais…) dont le sujet est la technique du “dandori“, un mot que l’on pourrait traduire par “préparation minutieuse”, “arrangement”, “planification”, etc. L’auteur est fameusement gonflé: il écrit un bouquin complet pour dire que “préparer, planifier, arranger est important et va vous faire gagner du temps”. On le savait. Mais tout de même, c’est bon de se le (faire) rappeler de temps en temps. En ce qui me concerne, j’ai souvent tendance à m’atteler à toutes sortes de trucs en même temps, et parfois a oublier ce qui est vraiment important.

Alors, je ne dis pas que la “to-do list” est une solution miracle, mais au moins, ça permet de planifier ce que l’on veut faire et de penser… au lait. C’est vrai cependant que ce n’est pas très structuré, mais ça a le mérite d’être simple. Et puis, ils supportent les “tags”, et même l’inclusion automatique dans Google Calendar. Mais bon, c’est comme tout: reste à voir si je vais continuer à l’utiliser…

posted in Books, Tips | 1 Comment

11th 6月 2007

Gaishi –compagnie étrangère au Japon

Vous souhaitez faire du business au Japon et êtes à la recherche de conseils pour vous guider?

Gaishi est peut-être l’ouvrage que vous cherchez. Je dois d’abord reconnaitre que ce bouquin n’est plus tout jeune: il a été publié en 1992 (oups). Mais les info qu’il contient n’en restent pas moins intéressante et beaucoup d’éléments sont encore très vrais aujourd’hui.

L’auteur, T.W. Kang, est Coréen et a grandi au Japon. Il est ensuite allé parfaire son éducation aux Etats-Unis, puis a travaillé une dizaine d’années pour Intel, et est maintenant consultant en management. Kang aborde dans son livre différents aspects fondamentaux pour lancer un business au Japon:

  • L’aspect marketing: les clients japonais sont-ils équitables; au premier abord, on dirait non, car les japonais ont souvent une préférence marquées pour les produits fabriqués au Japon. Mais la raison est leur besoin d’être rassurés (=anshinkan 安心感), de savoir ou et comment les produits sont fabriqués, pour s’assurer qu’ils correspondent à leurs attentes en terme de QCSD (Quality/Cost/Service/Delivery). Les facteurs QCSD sont fondamentaux au Japon, peut-être davantage qu’ailleurs, car les Japonais sont exigeants.
  • L’environnement économique et social Japonais: la société japonaise est une “fausse économie libre” (ou les concurrents se partagent le marché “à l’amiable”), et les “couplages” entre l’Etat, les entreprises et le monde académique sont omniprésents.
  • L’aspect resources humaines: l’importance de comprendre comment fonctionne le système RH japonais (ou l’ancienneté joue un role important dans la rémunération, plutot que les performances); la notion d’employeur unique (nombreux sont les japonais qui travaillent pour le même employeur pendant toute leur vie); la formation aussi fort différente de chez nous: il s’agit plutot d’une initiation, d’un long apprentissage avec peu de récompenses.
  • L’aspect globalisation et les partenariats: pourquoi réussir à s’imposer sur le marché japonais est vital pour devenir une entreprise vraiment globale, et même pour rester compétitif chez soi; et comment arriver à devenir un “semi-insider”, càd une entreprise étrangère qui a vraiment trouvé sa place au Japon.

La lecture de “Gaishi” (soit dit en passant, gaishi 外資 signifie “compagnie étrangère”) m’a bien plu (c’est un bouquin qui se lit très facilement) et m’a permis de synthétiser un ensemble de faits que j’ai pu observer autour de moi, mais sans avoir une vue d’ensemble.

Une conclusion personnelle que je tire de ce livre: le marché japonais est incontournable, mais gare à celui qui essaye d’y faire irruption mal préparé!

posted in Books | Comments Off on Gaishi –compagnie étrangère au Japon

5th 6月 2007

Quitte ton pays, ta famille

Est-ce que s’expatrier, vivre loin de son pays d’origine nous change?

Bête question: “bien évidemment”, me direz-vous. Je sais, les voyages forment la jeunesse, et les expériences que nous faisons (pas nécessairement à l’étranger, d’ailleurs), nous influencent et nous font grandir. Mais la question que je me pose est: “est-ce que mon moi profond, mon caractère sont altérés par mon immersion dans une autre culture?”

J’ai entendu dire que ce que nous sommes, nos valeurs profondes, se forment très tôt, en fait avant l’âge de trois ans!  C’est sans doute vrai, mais il est indéniable que de vivre pendant un certain temps (je dirais plus d’un an ou deux) dans un autre pays, une autre culture, nous façonne et nous transforme petit à petit.

Je lisais l’histoire d’un Coréen ayant grandit au Japon, et ayant donc reçu toute son éducation au Japon, qui est ensuite allé étudier, puis travailler aux Etats-Unis.  Il témoigne de cette expérience comme l’ayant pour ainsi dire forcé à changer.  Lui qui avait appris au Japon à surtout “ne pas sortir du lot” (car le Japon privilégie l’harmonie sociale plutôt que l’individualisme), il a compris que s’il ne faisait pas entendre sa voix, s’il ne se mettait pas en avant, il n’arriverait à rien aux Etats-Unis.   Et il raconte aussi comment son retour au Japon fut difficile, à cause de son adaptation au mode américain.

En ce qui me concerne, j’ai l’impression de vivre l’expérience inverse: depuis mon expatriation au Japon, j’ai appris à ne pas toujours “monter sur mes grands chevaux”, à faire preuve de plus de réserve et de réflexion.  Heureusement, j’aime encore toujours affirmer ce que je pense, prendre la parole en public, mais je me suis laissé influencer par cette culture où l’harmonie (le “wa” 和) a une importance prépondérante.

Eprouverai-je à mon tour un “décalage” lors d’un éventuel retour en Belgique?

posted in Myself, Travel | 1 Comment