17th May 2008

Cool resto: le TAN – cross-cultural living food

Remis du jet lag, après un agréable séjour en Belgique.

C’est d’ailleurs au sujet d’un restaurant belge que j’écris aujourd’hui: le TAN. C’est finalement dans ce petit resto sympa que j’ai invité mon épouse pour son anniversaire, et nous n’avons pas été déçus.

TAN: cross-cultural living food

Le TAN sert essentiellement des plats faits d’aliments biologiques, souvent crus ou légèrement cuits, et dont le menu s’inspire de cuisines du monde entier. C’était le souhait de mon épouse de nous rendre dans un restaurant bio, et il faut bien admettre que ça ne court pas les rues. J’étais donc un peu méfiant, car quand il y a peu de concurrence, on trouve parfois de tout. Mais j’ai eu tord, car la cuisine du TAN m’a vraiment séduit.

TAN: le restaurantNous avons tous les deux dégusté le lunch carné, avec en entrée:

Taboulé de quinoa aux champignons et céleri blanc, olives noires de Kalamata et
romarin, graines germées d’alfalfa et daikon , huile d’olive calabraise

et pour plat principal:

Tranchettes d’agneau mariné à la teriyaki, vapeur de céleri blanc, poireau et carotte,
sauce crue aux huiles de pépins de raisin et sésame (35’)

Succulent! J’ai particulièrement apprécié les graines et épices qui donnaient aux plats une saveur exotique un peu mystérieuse.

Mmmm!“Et pour le dessert?” me direz-vous. Eh bien figurez-vous qu’il n’y en a pas. Dommage? Non, car le TAN propose une carte de tisanes variées et de chocolats… tout en rappelant que, d’un point de vue diététique, la consommation d’aliments sucrés est préférable avant le repas, et non à la fin; et que le café est une boisson toxique (je ne leur donne pas tord, mais je dois bien avouer que j’aurais bien du mal à me passer de ce petit “poison”). Quoi qu’il en soit, les tisanes étaient délicieuses!

Et puis, comme l’explique le patron du TAN, Jo Van der Stichelen, le TAN est plus qu’un restaurant: il y a aussi un magasin d’aliments biologiques et de graines (à faire germer chez soi, ou a consommer!), et un petit bar pour prendre l’apéro.

TAN: le magasinJugez par vous-même, et dites-moi si vous avez aimé: http://www.tanclub.org/

Note: Les photos sont extraites de la vidéo de présentation du TAN.

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27th January 2008

Fabrication de chaussons en laine

Je me suis fabriqué une paire de chaussons en feutrine, à partir de laine brute. Aidé par mon épouse (qui avait déjà de l’expérience dans le domaine, car elle a fabriqué deux paires de chaussons pour ma fille), j’ai mis la main à la pâte (enfin… à la laine), pour confectionner ces chaussons, qui sont bien chauds et très confortables [*].

Chaussons de feutrine faits main

Le procédé de fabrication est assez simple, en théorie, mais il faut quand même attrapper un certain “coup de main”:
1. Se procurer de la laine brute (ici, de la laine de mérinos), j’en ai utilisé environ 360g pour cette paire si ma mémoire est bonne.
2. Fabriquer un “patron” en carton dur, et le recouvrir de plastique (ex. sac plastique) pour éviter qu’il n’absorbe l’eau.
3. Préparer la laine: il faut séparer les fibres jusqu’à obtenir de très fins voiles.
4. Préparer de l’eau savonnée (ex. eau + produit de vaisselle).
5. Poser une très fine couche de laine brute sur le patron.
6. Mouiller la laine avec l’eau savonnée.
7. Frotter doucement la laine (dans le sens des fibres), jusqu’à ce qu’elle se transforme en feutrine.
8. Retourner le patron et répéter les étapes 5-7 de l’autre côté.
9. Répéter les étapes 5-8 en alternant la direction des fibres (verticale / horizontale), jusqu’à avoir utilisé toute la laine (environ 180g par chausson).
10. “Démouler” le chausson, en retirant le patron, ouvrir une fente au niveau de la cheville à l’avant du chausson, et retourner le chausson. Notez que la première (resp. dernière) couche de laine est celle qui se retrouvera à l’extérieur (resp. l’intérieur) du chausson. (Dans ce cas-ci, j’ai donc commencé par la laine bleue, que j’ai recouverte de laine blanche.)
11. Presser le chausson et l’essorer soigneusement afin de vider l’eau et de renforcer la feutrine.
12. Recommencer les étapes 1-11 pour le deuxième chausson (ou bien demander à un(e) ami(e) de fabriquer l’autre chausson pendant que vous fabriquez le premier!)
13. Faire sécher les chaussons. Et voilà!

Clairement, c’est plus vite dit (écrit) que fait (j’ai quand même mis 3h pour un chausson), et le plus difficile quand on n’a pas l’habitude, est selon moi l’étape 7 qui consiste à frotter doucement la laine pour qu’elle se transforme en feutrine. Il faut commencer vraiment doucement pour éviter que les fibres ne “prennent mal” (=fassent des boules), et il faut frotter suffisemment longtemps que pour que toute la laine se “feutrinise” complètement (sinon, le chausson va se décomposer rapidement).

Attention aussi à bien répartir la laine (de façon équitable), et à soigner les bords du patron pour que le “recto” et le “verso” soient bien connectés.

Etant vraiment débutant dans la matière, j’espère ne pas avoir dit de bêtises (corrigez-moi si vous en voyez), et je ne pourrai pas vous en dire tellement plus. Mais n’hésitez pas à demander conseil aussi au magasin où vous vous procurerez la laine brute.

Sur ce, bon hiver… les pieds au chaud!!

[*] Je pensais ne pas encore avoir l’âge de porter des pantoufles de papy, mais comme au Japon on se déchausse à l’intérieur (notre appartement ne fait pas exception), et que le chauffage central n’est pas vraiment répandu ici, je suis bien content de ces chaussons.

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11th January 2008

Onsen chauffé à la biomasse

L’autre jour, nous sommes allés nous relaxer dans un onsen (温泉 source chaude) à l’Ouest de la ville de Tôkyô. L’onsen Seotonoyu 瀬音の湯, qui a ouvert ses portes l’année dernière, a cela de particulier que ses chaudières sont alimentées par la biomasse de la région.

Seotonoyu

Foret dans la region d’AkirunoLa biomasse est l’ensemble des matières organiques (vivantes ou mortes récemment) pouvant servir de combustible. Des exemples de constituants de la biomasse sont le bois (évidemment), mais aussi: les résidus verts, la paille, le fourrage, les céréales ou l’huile… La ville d’Akiruno あきる野 et alentours, bien que faisant partie de l’agglomération de Tôkyô compte encore un grand nombre de forêts. Leur entretient permet de récupérer d’importantes quantités de bois et résidus organiques qui, autrement, ne seraient pas utilisés. Autrefois, le bois recueilli de cette manière servait à fabriquer des baguettes jetables, les wari-bashi 割箸 (litt.: “les baguettes à séparer”, car on les sépare avant de les utiliser), mais aujourd’hui, leur fabrication est devenue trop chère que pour être rentable. L’initiative mise en oeuvre de concerts par les autorités, les entreprises, et les habitants ne se limite pas au seul onsen. Chaque année, sur les 5000 tonnes de biomasse récoltée, environ 2480 tonnes sont utilisées pour le chauffage et comme source d’énergie de maisons écologiques.

Chaudieres de l’onsen SeotonoyuL’onsen de Seotonoyu, quant à lui, utilise 1200 tonnes pour 1500 tonnes récoltées pour le chauffage de l’eau des bains. Ci-contre, photo des impressionantes chaudières qui sont capables de brûler le bois pratiquement sans nécessiter de le couper. L’eau puisée de à source est à la température de 27.2 degrés centigrades. De là, une partie est chauffée à 45 degrés (pour les bains) et l’autre à 60 degrés (pour le chauffage).

Voilà donc une idée de destination pour un week-end si vous êtes dans la région de Tôkyô. L’onsen offre un rotemburo (露天風呂 bain extérieur), un bain pour les pieds (ashiyu 足湯) et… un excellent restaurant!

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26th June 2007

Les légumes bio de Mme Wada

Voici un bel exemple d’une petite entreprise qui “crée du sens” (make meaning pour reprendre les termes de Guy Kawasaki): “la Ferme Wada”.

M. et Mme Wada ont un champ et cultivent des légumes bio. Ils aimeraient vraiment distribuer largement leurs bons légumes, mais cela nécessite de les cueillir (évidemment), de les acheminer au magasin ou au marché ou à la coopérative agricole (et se faire sucrer au passage pour le transport et la distribution). Leurs légumes cultivés avec amour, mais surtout sans engrais chimiques, qui leur coûtent donc dejà cher à la production, risquent ainsi de devenir vraiment non-concurrentiels.

C’est ici que Mme Wada a une bonne idée: elle décide de vendre l’usufruit de petites parcelles de son champ à ceux qui sont intéressés.  Concrètement, cela veut dire que je paye une somme fixe (environ 100 EUR) et j’ai le droit de récolter ladite parcelle pendant les trois mois d’été: 4 plants de tomates, 4 plants de concombres, 3 plants d’aubergines, 2 plants de poivrons.  En fait, récolter, c’est un droit (et aussi un devoir), mais c’est surtout un plaisir: surtout au mois de juillet, la production est tellement abondante qu’on peut venir tous les deux jours se servir de légumes frais (pas moyen de faire plus frais!).  Et puis, pour des petits citadins japonais qui n’ont pas de jardin potager, c’est une occasion unique de voir comment les légumes poussent, et de les cueillir eux-mêmes.  Ma fille adore aller cueillir les légumes chez Wada-san!

Moi, ce qui me frappe dans cette entreprise, c’est:

  • son originalité
  • la minimisation des pertes, tant pour soi que pour le client (pas de légumes invendus)
  • la minimisation des coûts, en éliminant les intermédiaires
  • la “mission sociale/éducatrice”: permettre aux gens de mieux réaliser d’où viennent les légumes qui atterrissent dans leur assiette

C’est vraiment ce genre d’innovation dont notre société a besoin.

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17th March 2007

La passion d’entreprendre

Je suis toujours épaté par les récits de startups. Créer son propre business!

Une amie de mon épouse qui, après avoir accumulé diverses expériences dans la restauration (notamment dans un restaurant a sushi, un restaurant “bio” et un restaurant “ryotei” 5 étoiles), termine des études de diététique et cherche son prochain boulot. Elle a toujours rêvé d’ouvrir son propre restaurant; cela fait presque dix ans maintenant qu’elle y pense.

Pendant ce temps, un brillant ingénieur commercial, ayant travaillé plusieurs années comme consultant pour une firme internationale, voyageant entre Tokyo et New York, décide à l’annonce soudaine de la mort de son père, de retourner à Hamamatsu, sa ville natale. Il se lance ensuite dans un tour du monde et visite beaucoup de pays pauvres, où il rencontre des gens qui souffrent et meurent de faim. Ce déséquilibre entre pays extra-riches et pays extra-pauvres le fait réfléchir: il se dit que si toute la nourriture utilisée pour engraisser les boeufs des riches pouvaient être redistribuée à ceux qui crèvent de faim, le monde tournerait sans doute un peu plus rond. Cela l’amène ainsi petit à petit, à l’idée d’ouvrir dans sa ville natale un restaurant de curry indien basé sur les trois grans axes suivants:

  1. Fair-trade: importation d’aliments (essentiellement, épices et thé d’Inde) en payant un prix qui permette de rémunérer dignement les producteurs
  2. Aliments biologiques: utilisation d’ingrédients se source “sûre”, pas d’OGM, pas de pesticides…
  3. Utilisation des resources “du terroir” (excepté pour les aliments “fair traide)

C’est ici que le destin de ces deux personnes se rencontrent, et notre amie est invitée à se lancer avec lui dans l’aventure de “Bija” (c’est le nom du futur restaurant). Décision difficile, certes, pour une tokyoite de quitter sa ville natale pour une ville de province comme Hamamatsu, mais néanmoins pleine de promesses. (Suite de cette histoire sur le site de Bija, qui ouvrira au mois de mai prochain).

Quels sont les éléments nécessaires pour démarrer un business qui marche? Une idée originale? Une “mission”? Un caractère marqué? Une recette unique? Tous ces éléments, si pas nécessaires sont en tout cas déterminants de la réussite d’une entreprise, mais je me demande si, dans le fond, le plus important n’est pas simplement d’Y CROIRE?! La passion. L’optimisme. Je ne parle pas de naiveté, mais de la conviction ferme que les difficultés, quelles qu’elles soient, peuvent être surmontées.

A quand le lancement de mon propre business?

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