11th janvier 2008

Onsen chauffé à la biomasse

L’autre jour, nous sommes allés nous relaxer dans un onsen (温泉 source chaude) à l’Ouest de la ville de Tôkyô. L’onsen Seotonoyu 瀬音の湯, qui a ouvert ses portes l’année dernière, a cela de particulier que ses chaudières sont alimentées par la biomasse de la région.

Seotonoyu

Foret dans la region d’AkirunoLa biomasse est l’ensemble des matières organiques (vivantes ou mortes récemment) pouvant servir de combustible. Des exemples de constituants de la biomasse sont le bois (évidemment), mais aussi: les résidus verts, la paille, le fourrage, les céréales ou l’huile… La ville d’Akiruno あきる野 et alentours, bien que faisant partie de l’agglomération de Tôkyô compte encore un grand nombre de forêts. Leur entretient permet de récupérer d’importantes quantités de bois et résidus organiques qui, autrement, ne seraient pas utilisés. Autrefois, le bois recueilli de cette manière servait à fabriquer des baguettes jetables, les wari-bashi 割箸 (litt.: « les baguettes à séparer », car on les sépare avant de les utiliser), mais aujourd’hui, leur fabrication est devenue trop chère que pour être rentable. L’initiative mise en oeuvre de concerts par les autorités, les entreprises, et les habitants ne se limite pas au seul onsen. Chaque année, sur les 5000 tonnes de biomasse récoltée, environ 2480 tonnes sont utilisées pour le chauffage et comme source d’énergie de maisons écologiques.

Chaudieres de l’onsen SeotonoyuL’onsen de Seotonoyu, quant à lui, utilise 1200 tonnes pour 1500 tonnes récoltées pour le chauffage de l’eau des bains. Ci-contre, photo des impressionantes chaudières qui sont capables de brûler le bois pratiquement sans nécessiter de le couper. L’eau puisée de à source est à la température de 27.2 degrés centigrades. De là, une partie est chauffée à 45 degrés (pour les bains) et l’autre à 60 degrés (pour le chauffage).

Voilà donc une idée de destination pour un week-end si vous êtes dans la région de Tôkyô. L’onsen offre un rotemburo (露天風呂 bain extérieur), un bain pour les pieds (ashiyu 足湯) et… un excellent restaurant!

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5th juin 2007

Quitte ton pays, ta famille

Est-ce que s’expatrier, vivre loin de son pays d’origine nous change?

Bête question: « bien évidemment », me direz-vous. Je sais, les voyages forment la jeunesse, et les expériences que nous faisons (pas nécessairement à l’étranger, d’ailleurs), nous influencent et nous font grandir. Mais la question que je me pose est: « est-ce que mon moi profond, mon caractère sont altérés par mon immersion dans une autre culture? »

J’ai entendu dire que ce que nous sommes, nos valeurs profondes, se forment très tôt, en fait avant l’âge de trois ans!  C’est sans doute vrai, mais il est indéniable que de vivre pendant un certain temps (je dirais plus d’un an ou deux) dans un autre pays, une autre culture, nous façonne et nous transforme petit à petit.

Je lisais l’histoire d’un Coréen ayant grandit au Japon, et ayant donc reçu toute son éducation au Japon, qui est ensuite allé étudier, puis travailler aux Etats-Unis.  Il témoigne de cette expérience comme l’ayant pour ainsi dire forcé à changer.  Lui qui avait appris au Japon à surtout « ne pas sortir du lot » (car le Japon privilégie l’harmonie sociale plutôt que l’individualisme), il a compris que s’il ne faisait pas entendre sa voix, s’il ne se mettait pas en avant, il n’arriverait à rien aux Etats-Unis.   Et il raconte aussi comment son retour au Japon fut difficile, à cause de son adaptation au mode américain.

En ce qui me concerne, j’ai l’impression de vivre l’expérience inverse: depuis mon expatriation au Japon, j’ai appris à ne pas toujours « monter sur mes grands chevaux », à faire preuve de plus de réserve et de réflexion.  Heureusement, j’aime encore toujours affirmer ce que je pense, prendre la parole en public, mais je me suis laissé influencer par cette culture où l’harmonie (le « wa » 和) a une importance prépondérante.

Eprouverai-je à mon tour un « décalage » lors d’un éventuel retour en Belgique?

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11th avril 2007

Singapour

Nous avons eu la chance il y a quelques jours, de nous payer un voyage à Singapour, invités par un couple d’amis (belges expatriés) qui y travaillent et y vivent actuellement. Ce fut un voyage-éclair, certes, mais vraiment divertissant.

Je dois dire que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre: j’avais bien lu sur Wikipedia que Singapour fait à peine 699.4 km², pour 4,6 millions d’habitants, (ce qui fait, soit dit en passant, une densité de population de plus de 6500 habitants au km², soit presque 5x celle de la Belgique ou du Japon! … Mais comparable à la densité de population de Bruxelles). C’est donc une petite “province”, qui a cependant joué, et joue toujours un rôle économique important au niveau mondial. Ce qui différencie Singapour d’autre pays? Sa situation géographique, sans doute, entre l’Inde et la Chine, qui en faisait donc un passage obligé pour les bateaux (et davantage encore avec l’ouverture du canal de Suez), mais aussi et surtout sa politique unique de ne pas prélever de taxes. Un pays “tax free”! (dans le passé, mais encore aujourd’hui, les taxes sont très basses.)

Impressions? D’abord, j’ai été intrigué par le mélange de cultures. Bien que la plupart des Singapouriens soient d’origine chinoise (77%) on voit aussi des Malais (13%) et des Indiens (8%), et tout ce petit monde parle l’Anglais, ou plus précisément, le “Singlish” (selon le titre d’un petit guide humoristique dévoilant les secrets de cette langue). L’Anglais de Singapour est simplifié à l’extrême, et rythmé par de petites exclamations venant du Mandarin ou du Malais. On ne dira pas “Is it possible to have a discount on this article?”, mais “Make discount, can or not?”. Au départ, on les trouve un peut trop directs, mais en fin de compte, ils sont plutôt attachants.

La ville de Singapour en elle même n’est pas grande, et posséde encore de nombreux batiments style colonial anglais, ainsi que de nombreux gratte-ciels. Les attractions principales (à part la statue de Sir Thomas Raffle, et du “Merlion”), sont Orchard Road pour le shopping, le zoo (très divertissant, il n’y a pas que ma fille qui a aimé), China Town, Little India, Arab Street et la mosquée du sultan, ou encore le “night safari” et le “Jurong Bird Park” (que nous n’avons pas vus), sans oublier l’île de Sentosa, sur laquelle on se rend en monorail ou en téléphérique.

Ce fut donc un voyage court (3 jours) mais bon. Le plaisir de retrouver nos amis (merci encore à nos hôtes pour leur accueil), et de découvrir ce petit pays d’Asie du Sud vraiment fascinant.

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