12th septembre 2008

L’éducation selon Steiner

Je viens de terminer la lecture d’un livre intitulé « An introduction to Steiner Education: the Waldorf School » de Francis Edmunds. La raison qui m’a poussé à le lire est que l’école maternelle que nous avons choisi pour notre fille est une école Steiner, et que je souhaitais donc approfondir le sujet.

Je ne vais pas essayer de vous résumer l’éducation selon Steiner (je vous renvoie au livre, qui est, me semble-t-il, un bon résumé), mais je voulais vous partager un passage qui m’interpelle particulièrement:

Introduction to Steiner Education: The Waldorf School

[…] Waldorf education is based on man as a threefold being. That he thinks, feels and wills, that he is head, heart and limb, is taken to be obvious. Event that he consists of body, mind […] and spirit […] is widely accepted. Yet it can hardly be said that these distinctions have entered deeply into educational practice. There the intellectual approach has grown more dominant at all levels. […]

The headwise approach, as we have called it, has serious consequences. Is the child brainy, will he be able to pass exams, are questions that weight greatly on parents. The non-exam child, the child in whom heart and limb do not keep pace with the head, comes to be looked on as inferior. Art and the crafts play second fiddle. Thus all the three phases, infant, child and adolescent, are pressed forward intellectually and this has consequence for the whole life. The clever ones are extolled, but where are the artists and the craftsmen who embellish life and give it greater quality? They are rare to find.

But the effects of overemphasis on head and brain learning go further than this. We see how children in the kindergarten lose their spontaneous genius for play. They grow restless, are bored or get uncontrolled, and then they need adults with their thought-out games and learning devices to engage and entertain them. What belongs properly to the first years of schooling is pushed down prematurely into the pre-school years. That means drawing the children into their nervous system, making them ‘heady’ too soon; but that in turn also means robbing them of their early powers of imagination, the source, if allowed to play itself out naturally, of greater creativity in later life. Then, as is seen so clearly in public life, we arrive at adults who fall short of demand, who cannot enter with imagination into the problems, mainly human problems, that confront them, and therefore cannot arrive at the needed solutions.

Personnellement, je trouve cette analyse très juste, mais je reconnais qu’elle est assez extrême et probablement source de controverse. Je serais intéressé de savoir ce que vous en pensez. Sont nos écoles trop « intellectualisantes » trop tôt, ou est-ce au contraire une évolution « normale » du 21ème siècle dans lequel nous vivons?

posted in Books, Opinion | 6 Comments

11th juin 2008

Ne PAS acheter une maison au Japon?

Je vous parlais récemment de mes recherches sur le marché de l’immobilier au Japon (ici et ici).

Mais en lisant ce post sur le blog de Seth Godin, je me dis que dans l’absolu, ce n’est peut-être pas une bonne idée. Seth dit en effet: « Only borrow money to pay for things that increase in value. »

Pour acheter une maison au Japon, il faudrait donc:

  • que je sois riche, ou
  • que les maisons japonaises gagnent de la valeur avec le temps

Ca vaudrait peut-être une petite réflexion…

posted in Opinion | Comments Off on Ne PAS acheter une maison au Japon?

28th mai 2008

12seconds vs. Seesmic?

Second video post, in which I discuss (in French) the pros and cons of 12seconds.tv versus seesmic.com.


See also:
What is 12seconds?
Loic Le Meur’s New Startup Launches: Seesmic

Et comme toujours, n’hésitez pas à me faire connaitre VOTRE avis, en postant une p’tite vidéo, ou par un commentaire.

posted in Opinion | 2 Comments

23rd mars 2008

Twitter: gazouillements du Web 2.0

Connaissez-vous Twitter? http://twitter.com/

Selon ses créateurs, « Twitter est un service pour amis, familles et collègues, permettant de communiquer et de rester connecté par l’échange de rapides et fréquentes réponses à la question: Qu’est-ce que vous faites? »

Twitter

Ma définition serait un peu différente, car je n’ai que peu d’amis qui utilisent (déjà) Twitter. Je dirais que la question: « What are you doing » est une excuse, une invitation a parler. Comme quand on rencontre quelqu’un et qu’on dit: « ça va? ». Pour moi, Twitter est un lieu d’expression. Twitter est parfois qualifié d’outil de « micro-blogging », car une particularité est que chaque phrase (tweet = gazouilli) que l’on poste est limitée à 140 caractères. Cette limite est importante, car elle force à être concis. Cela permet de laisser à tous la liberté d’expression.

Vu sous un autre angle, Twitter est un lieu d’écoute. Il suffit de voir la « public timeline » http://twitter.com/public_timeline, c’est-à-dire l’ensemble de tous les tweets postés par l’ensemble des utilisateurs. On a beau rafraichir la page, il y a sans cesse des nouveaux tweets, le débit est impressionnant! Et il est amusant de voir la diversité des langues utilisées. Twitter est vraiment un échantillon du monde.

Ma première réaction en voyant Twitter, fut: « Mais qu’est ce c’est que ce truc? Comment est-ce possible de passer sa journée à raconter sa vie? » Car il n’est pas rare de voir des utilisateurs poster plusieurs tweets par heure. Par la suite, en découvrant Seesmic http://www.seesmic.com/ (voir ici), je me suis enregistré sur Twitter et c’est ainsi que, par le biai des autres utilisateurs de Seesmic, je suis entré dans l’univers de Twitter, le « Twitterverse ».

Ce qui me plait beaucoup est la flexibilité de Twitter, notamment la possibilité de « suivre » et d’ « être suivi ». Contrairement a Facebook, par exemple, ou on est obligé d’être l’ami de ceux qui sont nos amis, sur Twitter, cette relation n’est pas nécessairement réciproque. Le fait de savoir qu’on peut suivre et être suivi librement permet de poster sans se soucier de « polluer » la timeline: si ce que je dis n’intéresse pas quelqu’un, cette personne n’a qu’à ne pas me suivre.

La simplicité de Twitter est aussi un atout: offrir juste le strict minimum, et un API pour permettre à d’autres d’y ajouter des fonctionnalités. Twitter est une mine d’information, et si on l’utilise correctement, peut devenir utile outre son aspect ludique.

Ceci étant dit, je trouve toujours (peut-être pas autant qu’au début) que le rapport « signal-bruit » est faible. A part peut-être quand il s’agit d’amis proches, on n’est pas toujours intéressé de savoir qu’untel s’est brossé les dents ou a fait la grasse matinée. Un peu de vie quotidienne est sympa, car cela donne un côté « humain », mais en ce qui me concerne, j’attends davantage de cet outil, notamment pouvoir l’utiliser pour diffuser ou obtenir l’information. C’est la raison pour laquelle je suis relativement sélectif par rapport aux gens que je suis, sans quoi je risque de ne suivre plus personne.

Quand je vois aujourd’hui l’évolution de l’intérêt que je porte à Twitter, celui-ci pourrait bien être décrit par ce graphe. J’ai le sentiment que Twitter est un outil intéressant, mais reste à voir dans le long terme (selon les cas, le graphe pourrait ressembler à celui-ci). Si Twitter n’est pas un mode de communication nouveau à l’instar de l’e-mail ou du SMS, c’est en tout cas un rendez-vous du Web 2.0 à ne pas manquer!

posted in Opinion | 2 Comments

1st mars 2008

Software Testing: Dogmatic or Pragmatic?

As a software engineer, and particularly in the medical field, software testing is a subject I find very important, so I’d like share with you some thoughts about it.

I watched on InfoQ a debate about TDD which took place at JAOO ’07 with Jim Coplien and Bob Martin. Martin started the debate by declaring: « it is irresponsible for a developer to ship a line of code he has not executed in a unit test. »

First thought: of course! We, software engineers, learn by experience that code which has not been executed (tested) cannot be considered working (understand: should be considered not working). So yes, Martin is right. We tend to like clear and straight statements, because they are easy to understand and agree with: yes, every line of code should be executed in a unit test. But when you think of it, there are several problems with this:

  • Is it because a line has been executed in unit test that it is properly tested? Read: 100% code coverage in terms of executed line of code is not that meaningful in itself: I can write 100% coverage tests and still ship buggy code.
  • (Assuming you write meaningful tests:) What is the cost of writing unit tests to achieve this 100% coverage? And is the cost justifiable, does it really add value for the customer?

Recently, I also read this article on Javalobby: Practical Unit Testing. And I liked it, because it is more balanced and reflected than the single statement of Martin.

In fact (and this is the tricky problem in software testing): the most meaningful test is the most difficult to write. To take a practical example: in my organization, (a year or two ago) we’ve been an using automated test tool called Agitator (by Agitar Software; note that it is now part of a tool called AgitarOne). This tool basically automatically generates tests based on Java code and allows you to « agitate » your code, that is, run methods with all sorts of arguments, to try finding bugs. The problem is if you agitate your code « randomly », at best, you find trivial bugs such as lack of null-checking etc. On the other hand, if you want to use the tool in a meaningful way, you need to spend a lot of time creating mock classes and test datasets, to introduce domain knowledge in your tests (which the tool does not have). Whether you do it using using a tool such as Agitator, a xUnit framework, or manually, this effort is not going to change a lot. (I’m not saying you should not use a tool, but don’t think using a tool will substantially reduce the effort of writing meaningful tests).

The goal of software testing is simple to understand: ship bug free code. But it is extremely difficult to achieve due to the gigantic size of the search space. And it is therefore difficult to give good advices on how to do that in practice. In my opinion, we ought to be very careful with dogmatic statements, and always ask ourselves how to increase test efficiency (increase pay-off for the effort spent in writing tests), rather than increase test coverage.

posted in Opinion, Software | Comments Off on Software Testing: Dogmatic or Pragmatic?

29th décembre 2007

Veuillez vous reposer

Quand j’ai commencé à travailler dans cette compagnie au Japon, j’ai été supris lorsque toutes les lumières se sont éteintes a midi pile, pour se rallumer 1 heure plus tard, à la fin de la pause de midi. Mais ce n’est rien:

Voilà qu’à partir d’aujourd’hui, une petite cloche se met à sonner (ça me rappelle l’école), et une voix enregistrée annonce quelque chose comme ça: « en préparation au travail de l’après midi, veuillez bien vous reposer pendant la pause de midi; les lumières s’éteingnent automatiquement, merci de votre coopération et bon repos ». Non mais, y nous prennent vraiment pour des gamins… C’est fou! Outre cela, ce petit cinéma m’inquiète pour deux raisons.

La première: les japonais sont tellement workaholic (je ne connais pas l’équivalent en Français), qu’ils sont incapables de décider de prendre leur pause. C’est vrai, j’en connais plus d’un parmi mes collègues qui ne prendraient pas ou peu de pause s’il n’y étaient pas contraints (et encore, il est possible de travailler dans le noir…). C’est comme l’invention des « yûkyû shutoku suishin-bi » 有給取得推進日 = « jours de congés conseillés »: On propose gentiment aux gens de prendre congé ce jour-là, comme ça ils ne seront pas tout seuls à prendre congé (une hantise japonaise), et ils ne devront pas chercher d’excuse (et sinon, de toute façon, ils ne prendraient pas congé du tout).

La deuxième chose qui m’inquiète est que les gens deviennent de véritables petits automates, sans volonté ou capacité de jugement. On doit leur dire ce qu’il doivent faire, même pour les choses essentielles, comme se reposer. Mon épouse me racontait l’autre jour que dans l’éducation d’un enfant, il est important de ne pas toujours adopter le ton impératif: « fais ci, ne fais pas ça », car cela enlève à l’enfant sa liberté et l’empêche d’apprendre à discerner lui/elle-même ce qui est bon pour lui/elle. C’est frappant comme on peut se complaire dans un petit monde où il y a toujours quelqu’un pour nous dire ce que nous devons faire.

Evoluons, bon sang: laissez-nous prendre notre pause de midi quand on veut, comme des grands!

posted in Opinion | 2 Comments

7th septembre 2007

Latin ou Germain?

En Belgique, nous avons cette richesse de partager une double culture (pour combien de temps encore?). Ces derniers temps, nous discutions avec des amis des différences entre Flamands (les « germains ») et Wallons (les « latins »), et ils tentaient de faire comprendre à mon épouse les traits caractéristiques de chaque culture.

Un certain conformisme, une rigueur au Nord, une ouverture, une désinvolture au Sud. Chaque culture a ses bons et ses moins bons côtés. Bien sur, les stéréotypes sont toujours dangereux (car faux), mais ils aident à mieux comprendre certaines choses.

Or ce qui est amusant, c’est qu’en discutant de ces différences avec mon épouse, elle (qui est Japonaise) se sentait plus proche de la culture germanique que de la culture latine (elle disait même que c’est peut-être cette similarité des cultures qui fait que les Japonais s’entendent plutôt bien avec les Allemands).

Mais c’est vrai. Par exemple, lorsque nous partons en voyage, mon épouse prépare et planifie jusque dans les moindres détails. Alors que, moi, j’ai souvent tendance à « partir et puis nous verrons bien ». Cette insouciance a ses bons côtés, surtout lorsque l’on est jeune et sans famille. Mais depuis la naissance de ma fille, je me suis rendu compte que ce n’est pas toujours la meilleure option.

Et en lisant le livre dont je vous parlais dans un post précédant: « dandori no gijutsu » (段取りの技術, « l’art de s’organiser »), dans lequel l’auteur insiste vraiment sur l’importance de préparer tout ce que l’on fait dans le détail, de prendre des notes, etc je me suis dit que parfois, j’aurais intérêt à passer plus de temps à la préparation.

Finalement, je crois que c’est comme dans tout: il faut un certain équilibre. Un peu d’improvisation sans laquelle la créativité serait inexistante, et un peu de planification pour éviter que tout foire.

posted in Myself, Opinion | 4 Comments

21st août 2007

Le meilleur gage de qualité

Quel est le meilleur gage qu’une vendeuse puisse vous offrir de la qualité et de l’attrait du produit qu’elle vend?

Mon épouse s’est lancée tout récemment dans l’e-commerce (c’est un grand mot, je sais), via Yahoo! Auctions (au Japon, c’est plutôt Yahoo! qu’eBay).  Elle vend des articles de mode, et des vêtements pour bébé, de marques étrangère (les Japonais raffolent).  Et comme elle a un sixième sens pour deviner ce qui sera à la mode demain, je suis sûr que son business va marcher.  Bref.

Mais c’est surtout cette petite réflexion qu’elle m’a faite au moment de mettre en vente son premier article, qui me fait croire à son futur succès: « Ah, j’espère que personne ne va acheter cette casquette-là, car elle me plait vraiment trop.  Si je ne la vends pas, je me la garderai pour moi. »  Dingue, non?  Car elle aurait pu dire: « Vivement qu’il y ai un acheteur assez fou pour m’acheter cette casquette à ce prix-là pour que je me fasse du pognon« .  J’exagère un peu, mais vous m’avez compris: le meilleur gage de qualité, n’est-ce pas de vouloir soi-même posséder ce que l’on vend?

Bien sûr, il y a les goûts et les couleurs.  Mais vendre ce que l’on aime vraiment, c’est augmenter ses chances que quelqu’un d’autre aime vraiment ce que l’on vent.  Et puis, ma femme ne demande pas à tout le monde d’aimer cette casquette.  Ce qu’il faut, c’est une personne qui la veule absolument (enfin, deux personnes, car ça va faire monter les enchères).  C’est la long tail: on n’est plus en recherche de hits mais de niches.  La mode, c’est m’habiller comme je veux, et pas comme tout le monde.

Je pense donc que le mieux est de vendre ce que l’on aime vraiment, ça coule de source, mais c’est tellement important.

posted in Opinion | 1 Comment

9th août 2007

Les Bonheurs de Sophie

Ca c’est une startup… originale!

En fait, c’est même une association sans but lucratif.  Son but?  Si ce n’est pas de générer du pognon?  Je dirais que c’est générer du sens (« make meaning », une fois encore).

L’ASBL « Les Bonheurs de Sophie« , créée officiellement il y a un an et demi, a pour but d’initier ceux qui le souhaitent à faire de la philosophile.  Je n’ai pas dit apprendre l’histoire de la philosophie, mais vraiment l’appliquer.  C’est-à-dire, apprendre à se poser des questions davantage qu’à tâcher d’y trouver une réponse à tout prix.  Apprendre à réfléchir simplement et de façon très terre-à-terre au sens de la vie, à ce que nous sommes, …  Apprendre aussi à écouter: écouter les autres dans le respect, et s’écouter soi-même.  Qu’est-ce qui m’habite?

Les activités de l’association sont essentiellement des ateliers, animés par Valérie van Eyll, philosophe et journaliste de formation, spécialisée dans l’animation de groupes, et experte dans les méthode d’apprentissage de la philosophie au enfants.  Si ces ateliers semblent avoir un fier succès chez les adolescents, ils ne s’adressent pas moins aux personnes âgées, aux adultes, et même à des groupes parfois atypiques ou mixtes.

Ce que j’en pense?  Beaucoup de bien.  Tout d’abord, je suis impressionné par le succès du projet.  Mais c’est vraiment parce qu’il rejoint un désir présent chez tellement d’entre nous: un désir de sens.  Il n’y a pas eu besoin de créer la demande, elle est là.  Mais aussi, je suis impressionné par le courage de Valérie, et par sa foi dans ce projet.  Comme toute startup, il faut qu’il y ai cette confiance inébranlable pour que ça marche, pour renverser les murs d’incompréhention (ou pire, de scepticisme) auxquels on se heurte si souvent.

Et puis il y a le futur, car cela ne fait que commencer…  Intéressé?  Allez jeter un oeil sur le site officiel et, pourquoi pas, découvrez vous aussi… les bonheurs de [faire de la philo]sophie!

posted in Opinion | Comments Off on Les Bonheurs de Sophie

13th juillet 2007

Le service américain

Je croyais que les Japonais étaient les meilleurs au monde pour le service, et c’est vrai qu’ils se couperaient en quatre pour servir leurs clients. Mais les américains sont très forts aussi.

N’aimant pas trop les généralisations rapides, je ne vais pas dire que tous les américains offrent un service excellent, mais les exemples que j’ai pu observer autour de moi pendant ce petit business trip aux US sont quand même intéressants.

Par exemple, le magasin de chaussures: j’ai du me procurer des chaussures de chantier (renforcées, pour répondre aux normes de sécurité de notre usine aux US), constituées de matériau non-magnétique pour pouvoir être portées dans la salle d’IRM (imagerie par résonance magnétique, le scanner étant constitué d’un énorme aimant, on ne peut pas y entrer avec des chaussures contenant une coque métallique). Le magasin est vraiment « à deux pas » de la compagnie (donc relativement habitué à ce genre de requêtes), mais j’ai quand même été frappé par le professionalisme de mon vendeur: il me sort en 2 minutes une dizaine de paires de chaussures répondant à mes critères, et me laisse choisir sans me coller. Ensuite, il mesure mes pieds en largeur, en longueur et dans tous les sens avec un outil spécial, et il arrive avec la paire qu’il me faut (pas besoin de 50 essayages, car il a vraiment l’oeil). Mais sourtout, le service se joue dans le détail, comme m’appeler par mon prénom après avoir aperçu mon nom sur ma carte de crédit. On sent que le gars considère chaque client comme unique et fait tout pour qu’il soit satisfait.

Autre exemple, dans la restauration. C’est aussi un détail, mais j’ai remarqué un établissement ou la serveuse se rappelait exactement du choix de chacun: boisson, entrée, cuisson de la viande, sauce de la salade, accompagnement… pour onze personnes. Normal, me direz-vous, mais je dois dire que j’ai souvent vu (en Europe) des serveurs qui amènent l’ensemble des commandes de tous les clients et les « font passer » en demandant: « la Leffe blonde? », « la salade niçoise?? », « le boeuf bourguignon??? ». Bien sur, ça marche aussi, mais je trouve ça plus élégant d’apporter la commande de chaque client à la personne qui a commandé. A nouveau, c’est donner le sentiment au client qu’ « il existe », qu’ « il compte ».

Le service américain est assez différent du service japonais en ce sens: Les japonais ne vont pas essayer de « jouer copain » avec le client; ils vont le mettre sur un pédestal et le servir sans rechigner. Les américains, par contre, vont essayer de sympathiser avec le client, de l’appeler par son prénom, pour entretenir une « relation d’amitié ».

Mais au Japon, il n’est pas rare de voir un vendeur débarquer chez le client pour l’aider à résoudre un problème. Je pense par exemple à une histoire qui nous est arrivée, peu après l’achat d’une nouvelle voiture. Un soir, un voisin nous averti qu’il a entendu des miaulements venant du capot de notre voiture. C’était un chaton qui s’y était faufilé et n’arrivait plus à sortir. Malheureusement, lorsque nous avons tenté de le dégager, le petit terrorisé s’est tapi dans un recoin. Impossible de l’attrapper. Mon épouse téléphone alors chez notre dealer, et voilà que ce dernier se propose de venir chez nous à l’instant pour nous aider. Juste parce qu’il nous avait vendu une voiture deux semaines avant! Je suis persuadé qu’en Europe, on m’aurait dit: « vous avez acheté la voiture, elle est à vous maintenant, débrouillez-vous! ».

Tout cela nous montre qu’il y a mille façons de fournir un service de qualité au client. Et cela se joue dans le détail et sur le long terme. Mais je suis sur que c’est payant.

posted in Opinion | 1 Comment